Botswana - Chutes Victoria et Okavango - mai 2004

Sommaire
15 mai - Victoria Falls - Le Zambèze
16 mai - Kasane - Rivière Chobé - Lizauli
17 mai - Bande de Caprivi - cataractes de Popa
18 mai - Nord-est du delta de l'Okavango
19 mai - Tsodillo hills
20 mai - Maun
21 mai - Delta de l'Okavango
22 mai - Parc de Chobé

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15 mai

Après une nuit d'avion, escale à Johannesbourg, avant le vol pour Victoria Falls. De l'avion nous percevons des nuages qui semblent s'élever du sol dans un ciel partout bleu. Les projections des chutes créent une pluie permanente, nous aurons l'occasion de nous en apercevoir plus tard.
les chutes Victoria

Après les formalités douanières, plutôt pesantes au Zimbabwe, et une brève installation à l'hôtel, nous partons pour visiter les chutes.
Nous pénétrons dans un parc que nous allons parcourir pendant deux heures : immédiatement le bruit est saisissant.
Non loin de l'entrée, à proximité du premier point de vue, la statue de Livingstone veille sur les chutes qu'il a découvert.
Les projections d'eau limitent la vue, mais qu'importe : pour être

Livingstone
les chutes Victoria les chutes Victoria fugitive, la vue n'en est pas moins impressionnante. Nous sommes face à un gouffre sans fond où des tonnes d'eau disparaissent en rugissant.
Par moment les projections se transforment en averse torrentielle, et la cape de pluie qu'on nous a conseillé d'emporter s'avère indispensable.
les chutes Victoria

Les points de vue se succèdent, sans pour autant permettre d'embrasser la totalité des chutes et leur 1,7 km de long pour 107 m de hauteur.

Le pont sur le Zambèze

Finalement nous débouchons sur un pont qui enjambe le fleuve en aval.
Le Zambèze s'est tranformé en un simple torrent.
Depuis le pont, qui forme frontière avec la Zambie, quelques téméraires s'essaient au saut à l'élastique.

Nous quittons le parc pour rejoindre les rives du fleuve, en amont cette fois-ci.

saut à l'élastique
Le Zambèze

Nous embarquons dans un bateau à fond plat, spécialement aménagé pour la vue sur le fleuve.
Nous allons le parcourir pendant deux heures, à la recherche de nos premiers animaux.
Ils ne sont pas au rendez-vous, mais le vin du Zimbabwe, servi à bord, et les amuse-bouche qui l'accompagnent agrémentent la croisière.

Le zambèze et les chutes

Les vues sur le fleuve sont superbe : devant nous les nuages irisés d'arc-en-ciel nous situent les chutes, au milieu de la végétation abondante.
Un superbe coucher de soleil fournira l'apothéose.
Un repas très local, avec au menu crocodile, phacochère et koudou, vient conclure cette première journée.

coucher de soleil sur le Zambèze
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16 mai

poste frontière La journée va être marquée par le passage des frontières. supermarché à Kasane

Nous laissons Victoria Falls pour rejoindre le Botswana à hauteur de Kasane. Un bref arrêt au supermarché pour quelques provisions : nous sommes frappés par la propreté et l'abondance des denrées. Le Botswana est le second pays d'Afrique en PNB par habitant et cela est visible.

Eléphantautruche

Nous ne faisons qu'effleurer le parc de Chobé, que nous verrons au retour, pour traverser la rivière du même nom et rejoindre la Namibie.
Au passage nos premiers animaux tout de même : un éléphant, de grands oiseaux noirs à la démarche maladroite, les calaos terrestres et une autruche.

Mais voici la frontière Namibienne : nous traversons la rivière Chobé vers le poste frontière.

calao terrestrela rivière Chobé
À chaque passage de frontière notre passeport s'est enrichi de deux coups de tampons, l'un pour quitter un territoire, l'autre pour pénétrer dans le nouveau.
Nous sommes dans la bande de Caprivi, une étroite bande de terre qui prolonge la Namibie au nord du Botswana, comme un doigt lancé vers le Zimbabwé.
la rivière Chobé drapeau Namibien

un camion aménagé en bus

çà et là quelques cases

Notre véhicule, un camion aménagé en bus, se dirige plein ouest.

Autour de nous le bush à perte de vue, avec ça et là quelques cases.

La route est assez longue, et l'après-midi est bien avancé quand nous atteignons un petit village, Lizauli, en fait une reconstitution à valeur d'éco-musée, où nous sont présentés quelques outils et chants et danses traditionnels. LizauliLizauliLizauli
zèbres

Des zèbres au jour finissant, et de derniers tours de roue jusqu'à un terrain au bord d'un marécage.
Nous installons nos tentes alors que la nuit tombe, tandis que retentit non loin de nous le meuglement des hippopotames, et le cri des singes, les occupants habituels de ces lieux.
Première nuit en pleine nature, au milieu de nulle part.

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17 mai

réveil Nous sommes réveillés par les bruits de la jungle, les singes s'en donnant à coeur joie au milieu des arbres.
La journée alterne les kilomètres d'asphalte, et la visite des parcs, à la recherche des animaux.
Le matin se sont principalement les impalas qui occupent le devant de la scène, la vision du premier hippopotame venant donner une silhouette aux bruits de la nuit.
hippopotame impalas Nous déjeunons au bord de rapides, les cataractes de Popa, premier contact avec l'Okavango, là où il est encore une rivière bien active. cataractes de Popa
L'après-midi nous réserve quelques belles surprises : un troupeau de gnous, qu'on croirait surveillé par une autruche solitaire, un immense baobab à l'âge incalculable, et un gigantesque python, qui traverse nonchalamment la route, manifestement en pleine digestion. troupeau de gnous... ...surveillé par une autruche boabab
python Puis c'est de nouveau la frontière : nouveaux coups de tampons et nous quittons la Namibie pour regagner le Botswana.
Une halte à Shakawe, pour de dernières provisions, et nous rejoignons le lodge où se trouve le campement qui nous abritera pour deux nuits, Drotsky Cabins, en bordure de l'Okavango, là où le delta commence à prendre forme.
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18 mai

La nuit a été plus silencieuse que la précédente.

La journée s'annonce aquatique, avec parcours du nord du delta en bateau à moteur.
Dès le début de nombreux oiseaux saluent notre passage.
Nous en verrons de nombreux au cours de cette journée, du guêpier écarlate, à la robe multicolore, à l'aigle pêcheur, la tête capuchonnée de blanc.

guêpier écarlate aigle pêcheur
entourés de roseaux...échassier

Nous sommes entourés de roseaux et de prairies, parcourues par les échassiers. à plusieurs reprises, une silhouette inquiétante se glisse dans l'eau à notre approche : un crocodile, dérangé dans sa tranquillité apparente.
D'allure plus débonnaire, quelques hippopotames laissent dépasser leur tête massive.
Ne pas se fier toutefois à leur air nonchalant : une charge est toujours possible, et le pilote garde une distance prudente, prêt à prendre du champ à la moindre marque d'hostilité.

crocodilehippopotame
entourés de roseaux... oiseaux dont nous oublierons les noms La journée s'écoule ainsi, doucement, au milieu des oiseaux dont nous oublierons les noms.
oiseaux dont nous oublierons les noms
entourés de roseaux... oiseaux dont nous oublierons les noms oiseaux dont nous oublierons les noms Au soir un magnifique soleil couchant vient embraser l'Okavango. un magnifique soleil couchant...
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19 mai

Après avoir quitté le campement, nous nous dirigeons vers le sud.
Peu de temps après, des formes coniques émergent de la plaine : Tsodillo Hills, les montagnes sacrées des San.
Montagne est sans doute un grand nom, la plus haute ne faisant guère plus de 300 m. Mais seul relief dans un paysage par ailleurs parfaitement plat, on ne peut de fait les manquer.
Tsodillo Hills
Elles sont au nombre de 4, le mâle et la femelle, les deux plus grandes, et plus loin l'enfant et la colline du nord.
Lion pariétal Nous nous installons dans un campement, au pied de female hill, et partons presque immédiatement à la découverte de l'art pariétal des San.
Il s'agit de dessins franchement primitifs, de teinte ocre, représentant pour la plupart du gibier.
Nous suivons le sentier du lion, spécialement tracé pour la découverte, le long de male hill.
  Certains des dessins se limitent à une série de traits, un pour chacun des membres ou le corps. D'autres sont plus ouvragés, avec des formes arrondies et sont assez réalistes.
Les plus anciens remonteraient au 7ème siècle, suivant les explications de notre guide, à vrai dire assez peu loquace.
Nous retrouvons le campement pour le déjeuner. Nous profitons d'un petit temps libre pour nous rendre à l'administration du camp, à une dizaine de minutes, là où se trouvent les sanitaires, pour visiter un petit musée donnant des informations générales sur le site.
  En milieu d'après-midi nous retrouvons la guide pour une seconde visite, en suivant le "rhino trail" cette fois-ci.
Il s'élève progressivement sur les hauteurs de female hill, d'où nous avons quelques vues partielles sur la plaine alentour. Nous rejoignons une petite source qu'utilisaient les anciens habitants des lieux.
antilopes
Rhinocéros Nous retrouvons régulièrement les peintures, y compris celle des rhinocéros, qui a donné son nom au sentier. Nous sommes sur une sorte de plateau légèrement incliné, qui s'avèrera nous redescendre doucement en direction de male hill, là où nous étions ce matin.
Lorsque nous regagnons le campement il est malheureusement trop tard, le soleil étant déjà trop bas, pour repartir à l'ascension d'une des collines et tenter le sommet.
girafes
La journée se termine tranquillement : le fond de l'air est particulièrement doux, et l'endroit semble de surcroît totalement dépourvu de moustiques.
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20 mai

Tsodillo Hills

Nous quittons Tsodillo Hills, qui se détachent sur l'horizon dans le soleil du matin, pour une longue étape de route, jusqu'à Maun, notre destination du soir. Nous allons contourner le delta par le sud.
Si la route est goudronnée, pratiquement rectiligne, elle s'avère particulièrement monotone. Nous sommes entourés par le bush, que rien ne vient vraiment agrémenter.
Nous arrivons à Maun en début d'après-midi. Nous nous installons dans un campement à l'intérieur de l'enceinte d'un hôtel, le Sedia. Nous allons y rester 2 jours, la première nuit sous tente, la seconde en ayant droit aux chambres.
L'après-midi est normalement libre, mais nous sommes le jeudi de l'Ascension, et un tour rapide en ville, distante d'une petite dizaine de kilomètre, nous convainc que tout est fermé. L'après-midi se terminera en farniente au bord de la piscine, avec une eau légèrement jaunâtre qui nous dissuade de nous baigner.
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21 mai

Nous nous réveillons assez tôt, pour un trajet de quelques heures vers le Delta de l'Okavango.
Nous croisons quelques villages jusqu'à arriver à une barrière qui marque l'entrée dans la zone protégée du Delta. Peu après nous croisons quelques animaux, en particulier quelques girafes, les premières du voyage.
premières girafes
moroko Nous voici au bord de l'eau, où nous attendent les mokoro, pirogues taillées dans le tronc d'un arbre à saucisse, dans lesquelles peuvent prendre place deux passagers. Le piroguier s'installe debout à l'arrière et fait avancer le tout avec une perche, le marais étant peu profond.
Nous avons récupéré les piroguiers dans un village proche du point d'embarquement. moroko
Des bâches sont placées au fond du mokoro, l'étanchéité n'étant pas garantie. De fait certains en ressortiront malgré tout avec les fesses un peu mouillées. Nous commençons à glisser sur les canaux entourés d' herbes et de roseaux, dans un équilibre quelque peu instable.
Au passage, quelques oiseaux, peu nombreux à cette heure, mais le premier intérêt vient du paysage : nous glissons dans un véritable labyrinthe de canaux couverts de nénuphars et de roselières, qu'on imagine hantés par les crocodiles et d'autres espèces plus ou moins hostiles.
La calme est absolu, tout juste troublé par le glissement du moroko dans les hauts et le bruit de la perche plongée dans l'eau.
le delta
hippos Après une bonne heure de cette navigation, interrompue une fois pour écoper, nous nous arrêtons pour une marche au travers de vastes étendues sèches. Nous arrivons finalement à un plan d'eau dans lequel se prélassent quelques hippopotames, dont ne dépassent guère que les oreilles.
dLe Delta
le delta Sur le côté, dans un petit méandre, la silhouette inquiétante de quelques crocodiles.
Nous repartons par le même chemin et regagnons les pirogues. L'exploration du delta se poursuit, interrompue à l'heure du déjeuner, jusqu'à revenir à notre point de départ.
avec une perche
Nous réembarquons alors dans les 4x4 pour prendre le chemin du retour vers Maun.
des girafes saluent notre départ...

Au passage des girafes saluent notre départ, peut être celles qui étaient déjà là à notre arrivée.
Quelques villages, parfois réduit à de simples cases le long de la piste, puis nous retrouvons la route de Maun.

de simples cases...
Nous finirons la journée en faisant ce que nous n'avons pu faire la veille : la visite de la ville ou du moins celle de ses magasins de souvenirs !
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22 mai

un petit avion Nous rejoignons à l'aube l'aéroport de Maun : un petit avion va nous emmener à Chobé, avec à la clé un survol du delta.
Le voyage est inoubliable : à basse altitude, nous avons une vue imprenable sur les méandres du fleuve, et surtout sur les animaux : troupeaux de buffles, antilopes, éléphants, zèbres, apparemment impassibles au bruit de l'avion.
Le vol se poursuit à un peu plus haute altitude, puis nous engageons la descente vers Chobé, avec à nouveau cette vision d'étendues d'eau et de prairies.
Atterrissage sans histoire, et voici Chobé.
survol du deltadu delta à Chobévers Chobé
Phacochère Les bagages à peine posés, nous partons pour un "game drive" à l'intérieur du parc. Nous ne sommes manifestement pas les seuls à nous livrer à cet exercice, déjà des groupes, partis aux aurores reviennent vers le lodge où est installé notre campement.
Comme un avant-goût à ce qui nous attend, un phacochère, manifestement peu farouche, a élu la pelouse du lodge comme pâturage.
Dès l'entrée du parc nous voyons apparaître les premiers animaux, un groupe de calaos terrestres, grands oiseaux déjà croisés au début du voyage.
L'itinéraire est certes un peu balisé, et les animaux tendent à créer des attroupements de 4x4 qui enlèvent un peu au caractère sauvage du lieu, mais les possibilités offertes à l'observation sont tout de même très grandes.
calao terrestre
Groupe d'hippopotames, comme entassés au bord du fleuve et se prélassant au soleil, crocodile glissant dans les eaux, et bien sûr de nombreuses animaux de la famille des antilopes : impalas, elands, koudous dont les mâles aux cornes allongées se dissimulent dans les arbres. tas d'hippos Crocodile
impalas antilope impalas antilope koudou femelle
lionne

Un attroupement de véhicule en est le signal : deux lionnes, allongées à l'ombre d'un arbre s'offrent dédaigneuses à la curiosité des photographes.
Plus loin, sur un île, un hippopotame semble brouter, le seul que nous verrons en pied.

hippo en pied
koudou mâle Un superbe koudou, des vautours dans un arbre, une girafe, des pacochères et finalement un troupeau d'éléphants autour d'une mare, très photogéniques, viennent compléter notre palmarès. vautours
giraphe
phacochères
troupeau d'éléphant
Nous regagnons le campement pour le déjeuner.
Dans les arbres, dans le parc du lodge, les singes s'en donnent à coeur joie.
Puis nous nous retrouvons au bord du fleuve, pour embarquer pour une croisière sur le Chobé, dans un bateau à fond plat, pourvu d'un pont supérieur.
Nous nous installons en haut pour mieux profiter de la vue, au risque des coups de soleil.
singes

Le bateau avance lentement sur le fleuve. Au début le spectacle parait plutôt banal, les quelques oiseaux aperçus sur la rive ne pouvant concurrencer la faune du matin.
Mais bientôt la scène s'anime : des varans, qui semblent se combattre, un couple de buffles, l'un d'eux comme prêt à charger si notre embarcation s'approchait davantage de son territoire.

varans
buffle hippo Et bien sûr de nombreux hippopotames, apparemment indifférents à notre présence.
Mais c'est au tomber du jour que le plus extraordinaire nous attend : des dizaines d'éléphants rejoignent les rives du fleuve pour leurs ablutions. Des familles entières s'entassent, les petits collés contre leur mère, sous la surveillance des grands mâles.
des dizaines d'éléphants
des dizaines d'éléphants
des dizaines d'éléphants
des dizaines d'éléphants
des familles entières...
Avec la lumière rasante, l'ensemble prend une teinte mordorée, du plus bel effet. Nous restons un long moment à contempler le spectacle, proprement fascinant.

Puis le bateau redescend doucement le fleuve, nous offrant un dernier soleil couchant.
Nous regagnons le campement pour notre dernier soir, demain avion et retour vers la France.

dernier soleil couchant
C'est à l'escale de Johannesbourg que j'apprendrai la nouvelle : la jetée du Terminal 2E de Roissy s'est en partie effondrée...
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© Bernard Cathelain 2004