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1er novembre :
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Après
une première nuit à Furchhausen, non loin de Saverne,
nous partons pour Reinhardsmunster, où commence la randonnée.
Le temps est froid et sec, et le ciel à peine voilé
de nuages. Nous allons rejoindre La Hoube, par le col de Valsberg. |
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Sur le chemin un vieil arbre moussu
semble monter la garde.
Non loin un petit pont franchit un ruisseau, au milieu des feuilles
jaunies qui crissent sous nos pas.
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Après le
hameau de Zollstock, nous rejoignons la Hoube et le rocher de Dabo
nous apparaît : nous sommes en Moselle, et le village est
le plus haut du département.
Nous gravissons le rocher, un escargot sculpté dans le grès
rose nous fait signe au passage. |
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| Au sommet, la chapelle Saint-Léon,
du pape du même nom qui naquit en ces lieux. La chapelle est
fermée mais qu'importe : le paysage, à peine
embrumé, est superbe. Nous déjeunons près du
parvis, en dominant toute la vallée.
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L'après-midi
le soleil s'affirme, tirant des traits de lumière au travers
des arbres. Le chemin s'avance en forêt épousant les
courbes de niveau.
Au Geissfels, une aiguille de grès rose se dresse vers le ciel,
tel un immense menhir. |
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| Au travers des arbres nous dominons
la plaine et quelques maisons apparaissent. Mais nous sommes en
novembre, et le jour baisse rapidement. Et bientôt le soleil
se couche sur le rocher de Dabo, qui se dresse à l'horizon.
Il fera nuit lorsque nous regagnerons Reinhardsmunster. |
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2 novembre :
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Au matin nous rejoignons Dambach au
nord de Niederbronn, où un centre équestre doit
nous accueillir pour la nuit. Le bleu du ciel est à peine
altéré par quelques volutes de nuages et les ocres
et verts des forêts qui nous environnent s'y détachent
avec netteté.
La randonnée du matin nous
conduit au grand Wintersberg, point culminant des Vosges |
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du Nord. Nous gravissons le belvédère, et nous
retrouvons entourés, à perte de vue, par la forêt
vosgienne, qui nous offre un festival de ses teintes d'automne.
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Un peu plus au sud, nous trouvons
le camp celtique : un promontoire dominant la vallée
du Falkensteinbach, constituant assurément une position
idéale pour se défendre de toute
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| attaque. Des vieux
murs de pierre qui constituaient jadis l'enceinte, il ne reste
le plus souvent que des éboulis recouverts de mousse. Nous
déjeunons sur un rocher à son extrémité,
retrouvant sans doute les positions qu'occupaient autrefois ses
sentinelles. Le soleil est à son point culminant, et nous
avons presque chaud malgré la saison.
Nous reprenons la marche : les jours sont trop courts pour
nous permettre de pousser
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| jusqu'à l'étang
de Hanau, ni même jusqu'au Falkenstein. Nous
jetons donc notre dévolu sur le Falkenberg, vaste éperon
rocheux qui semble pointer vers Dambach. La montée finale
est assez rude, et deux groupes se forment, suivant la rapidité
d'ascension.
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| Et là les ennuis
commencent : le fléchage laisse sans doute à désirer,
et le second groupe perd la trace du triangle vert qui est supposé
montrer le chemin. Les retrouvailles au pied du rocher prendront
un certain temps ! Il faut
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encore trouver le moyen d'accéder
sur le sommet du rocher, en parcourir la crête, et nous
arrivons à une succession d'échelles qui conduisent
au point culminant.
La vue valait largement l'effort, mais nous en avons perdu
la notion du temps : la nuit va tomber, et le chemin du retour
est encore long. La carte laisse cependant supposer que nous
allons trouver, en suivant le pied du rocher, un chemin direct
qui nous conduira
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| à notre destination finale.
Mais le chemin est introuvable. Nous en prenons un autre, un peu
plus bas, qui devrait également faire l'affaire. Mais bientôt
il tourne, s'enroule autour de la montagne, et nous ramène
dans la direction opposée ! Troisième chemin, même
configuration, et il fait maintenant nuit noire. Au jugé,
nous finissons par rejoindre une route, où des automobilistes
compatissants nous tirerons d'affaire en nous ramenant à
bon port.
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3 novembre :
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Nouveau
point de départ : Obersteinbach, quelques kilomètres
plus au nord, au pied de la frontière allemande. Les maisons
colorées typiquement alsaciennes donnent envie de flâner
dans la rue principale. Pourtant nous rejoignons la forêt.
Après quelque temps, nous
empruntons un chemin qui s'enroule en spirale ascendante
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| autour d'une colline.
Nous atteignons bientôt les ruines de Wittschloessel. De
ce qui fut un château il ne reste que le cœur, constitué
d'un vaste rocher de grès rose autour duquel s'appuyait |
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| la construction.
Des trous façonnés par l'homme, dans lesquels s'encastraient
des poutres, gardent la trace de l'édifice ancien. Aujourd'hui
les arbres entourent la place. Les rayons du soleil qui traverse
le feuillage mettent en valeur les couleurs du rocher, où
la dominante rose laisse par endroit la place à des couches
tirant sur le vert.
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La randonnée
reprend, en direction de Windstein. Au détour d'un chemin
nous atteignons le village que domine un immense rocher surmonté
par deux grands monolithes : le château de |
| Vieux-Windstein. Dans
le rocher en effet, sont creusées des salles, des caves,
qui communiquent entre elles par des couloirs. Par un jeu d'escaliers
et de ponts tout un itinéraire permet d'en faire la découverte,
que nous entreprenons après le déjeuner. Comme la
veille, le ciel est sans nuage et sur un rocher en guise de table
nous dominons la vallée. |
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Nous poussons ensuite, non loin de là,
jusqu'au château fort du Nouveau-Windstein. Là les
murs sont encore bien visibles, avec leurs fenêtres en ogive.
Les colonnes qui soutenaient les plafonds de la grande salle sont
encore en place, et on devine sans peine la configuration générale
de l'édifice. Pour le moment il est pris d'assaut par des
scouts allemands qui en gravissent les murailles et s'y promènent
au mépris du vertige et de toute sécurité.
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Ne voulant pas renouveler l'expérience de la veille,
nous prenons le chemin du retour. Avec le jour qui descend les
ombres s'allongent, assombrissant progressivement le pied des
reliefs, et créent un fort contraste avec les sommets
largement éclairés, mettant un peu plus en valeur
leurs couleurs.
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| Pour la première fois, il
ne fait pas encore nuit quand nous arrêtons la marche. |
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4 novembre :
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Dernier jour,
un léger brouillard se lève progressivement pour
nous permettre de retrouver le grand ciel bleu. Le froid est plus
vif. Le givre qui recouvre les toiles d'araignées pare
les sapins de guirlandes qui préfigurent Noël. |
| Nous n'avons
que la matinée pour marcher car le départ est en
début d'après-midi.
D'Obersteinbach nous gagnons les ruines de Lutzelhardt. Comme
au Vieux-Windstein, du château ne subsiste qu'un monolithe
taillé, sur lequel cependant persistent quelques murs.
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Des escaliers permettent d'en atteindre
le sommet, d'où nous regardons sous un ciel redevenu bleu
le brouillard se dissiper dans les vallées.
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| Nous reprenons
la marche et atteignons bientôt la frontière, marquée
par des bornes gravées : F du côté français,
et B, comme Bundesrepublik Deutschland, du côté allemand.
Nous marchons en Allemagne, pour rejoindre finalement un chemin
frontalier. Nous longeons un étang, où se reflètent
les arbres, avant de rejoindre un belvédère qui
nous offre sa vue vers le sud, vers toutes les Vosges du Nord.
Un dernier déjeuner en plein air, dans un vaste champ
entouré par la forêt, et nous rejoignons Obersteinbach.
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FIN
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