COMMANDERIE D'ARVILLE
À l’exception de l’église bâtie au XIIe siècle,
les bâtiments d’Arville ne datent pas du temps des Templiers, mais de
la période durant laquelle la Commanderie relevait des Chevaliers de
Malte. Vendus comme bien national à la Révolution, ils ont été conservés
dans leur intégrité ; seul fut détruit le logis du Commandeur et des
Chevaliers, situé à l’emplacement du presbytère actuel. Il est difficile
de dater ces bâtiments avec certitude car ils ont subi des remaniements
au cours des siècles. Les plus anciens paraissent être les deux tours
encadrant le porche d’entrée qui peuvent remonter au XVe ou
au début du XVIe siècle, le porche
lui-même étant sans doute d’origine.
L’ensemble des constructions entoure une vaste cour irrégulière.
L'ÉGLISE

LE PIGEONNIER

LA GRANGE DÎMIÈRE


La Tour penchée du chateau médiéval de Mondoubleau
est très spectaculaire, on se demande comment elle peut tenir ainsi
et pourtant elle est dans cette position depuis le début du XIXème siècle,
suite à une extraction de pierre sous la motte supportant le Donjon.
Une partie s'est écroulée 10 aout 1818, puis une autre le 20 janvier
1873, le reste tient depuis cette date !! L'ensemble du chateau occupait
une superficie de près de deux hectares. L'origine du chateau remonte
au Vème siècle avec la présence d'une tour de défense en bois. Peu après
l'An 1000 Hugues Doubleau, qui est au service des Comtes de Blois, fait
construire une puissante forteresse avec un donjon de plus de 30 mètres
de haut. Elle est batie en pierre de silex et roussard, le roussard
est un grès ferrugineux fréquent dans la région de Mondoubleau. La forteresse
a été assiègée et prise par le Roi de France Philippe Auguste en 1189.
Il était venu appuyer le Comte de Vendome contre Hugues le Rusé Vicomte
de Chateaudun et Seigneur de Mondoubleau. Le chateau a été abandonné
à partir du XVème siècle.
L’église est le bâtiment le plus ancien de
la Commanderie. Remontant au XIIe siècle, elle est probablement contemporaine
de sa fondation. C’est un édifice très simple, comportant une nef sans
bas-côté terminée par un chœur semi-circulaire et couverte d’une charpente
et d’un lambris plus récents (XVIe siècle). L’éclairage du chœur et
de la nef est assuré par des fenêtres étroites, en plein cintre, percées
au sommet des murs. La sobriété de la construction, jointe à des proportions
harmonieuses, lui confère une austérité qui ne manque pas de grandeur.
Mais la partie la plus intéressante est la
façade en grison rythmée par quatre contreforts. Percée d’une porte
en arc brisé, elle se termine par un clocher-mur ajouré de trois arcades
pour les cloches. Le style général et l’association de formes romanes
(contreforts plats, petites fenêtres, arcades cintrées) et gothiques
(contreforts saillants, arc brisé de l’entrée) évoquent le style des
ouvrages cisterciens contemporains. Saint Bernard fait trait d’union
entre Cîteaux et le Temple.
LE PORCHE
Avec ses deux tours de largeur inégale et leurs toits en lanternon,
il constitue le bâtiment le plus caractéristique de la Commanderie.
Si la présence d’un fossé et d’un pont-levis devant l’entrée est attestée
au XVIIe siècle, on peut s’interroger sur le rôle défensif des tours,
puisqu’elles ne présentent qu’une ouverture pour le tir.
Par contre, elles témoignent d’une utilisation
remarquable des matériaux locaux : reposant sur une assise de grison,
matériau très résistant, le corps est constitué de briques horizontales,
réticulées ou même en échiquier.
Les bardeaux (tuiles de bois) utilisés pour la couverture rappellent
l’abondance du bois dans la région, mais ce mode de couverture, fréquent
en montagne, reste rare dans le Perche.
Le premier arc, en “tiers-point” et en pierre de grison, semble contemporain
de l’église. Les lanternons des toits se retrouvent dans plusieurs châteaux
de la Renaissance, comme le Gué-Péan et bien sûr Chambord, tous deux
en Sologne. Ils nous poussent à dater cette partie du début du XVIe
siècle plutôt que du XVe, période généralement indiquée.
Au-delà de son rôle économique par rapport
à l’exploitation agricole liée à la Commanderie (apport de nourriture
et fourniture d’engrais), il faut rappeler que la possibilité d’avoir
un pigeonnier était au Moyen âge réservée aux seigneurs détenteurs du
droit de haute justice, donc de la peine de mort pour punir les crimes
de sang, ce qui était le cas de la commanderie d’Arville. Ce pigeonnier
datant probablement du XVIIe siècle, d'un diamètre intérieur supérieur
à 8 m, abrite 2000 “trous de boulins” pour loger les pigeons.
Ce petit bâtiment situé à proximité du portail
ouvrant sur la campagne est un four à pain précédé d’une petite pièce
permettant de préparer et de conserver la pâte avant la cuisson et les
pièces cuites.
Il faut rappeler l’importance du pain dans
l’alimentation jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, particulièrement dans
les établissements monastiques, comme l’indique la règle templière donnée
par Saint Bernard de Clairvaux en 1118, sans exclure totalement la consommation
de viande.
Ce bâtiment est un remarquable ouvrage de
charpenterie. La maçonnerie n’étant employée que pour les murs extérieurs,
tout l’espace intérieur est déterminé par la charpente, qui permet de
conserver un volume libre très important pour entreposer les denrées
agricoles, bien au-delà des besoins de la communauté vivant à Arville.
Ceci met en évidence le rôle d’exploitation agricole de bien des commanderies
comme Arville, destinées à fournir les subsistances et les subsides
nécessaires aux maisons templières installées en Terre Sainte.
MONDOUBLEAU
Mondoubleau se situe à environ 25 km au nord
ouest de Vendôme. Au Moyen Age c'était le siège de la Baronnie
de Mondoubleau qui disposait d'un chateau-fort assez important. Il en
reste un pan de Tour dont l'inclinaison est assez inquiètante et des
éléments des fortifications. Ce chateau a été construit au début du
XIème siècle par un fidèle du Comte de Blois, Hugues Doubleau qui a
laissé son nom à la ville.
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