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lorsque Thibaud V, comte de Blois fit édifier l'imposant donjon qui
le domine encore aujourd'hui.
En 1450, Jean de Dunois, bâtard de Louis d'Orléans et petit fils
de Charles V, compagnon de Jeanne d'Arc entrepris la transformation du château-fort
en résidence. Les adjonctions se poursuivirent au XVIe siècle,
avec la création d'une aile renaissance.
De ce fait le château offre au regard une diversité de styles,
qui n'empêche pas une parfaite unité d'ensemble.
L'imposante grosse tour est un élément
caractéristique du Moyen-Âge, édifié vers 1180
par Thibaut V, comte de Blois.
Ce géant de pierre haut de 31 mètres pour un diamètre
de 17 mètres, et dont les murs ont 4 mètres d'épaisseur
à la base, est l'un des donjons les mieux conservé de France.
Au XIIe siècle on n'y accède que par une porte dissimulée
à 10 mètres du sol, d'où part un dédale d'escaliers
insoupçonnés et de galeries annulaires conduisant à de
vaste pièces hermétiques et voûtées. Un dispositif
aussi sophistiqué était nécessaire à l'époque
pour assurer la surveillance et la défense de la vallée du Loir.
Les deux escaliers de l'aile renaissance adoptent
un plan de construction innovant, car ils sont encastrés dans le bâtiment,
et sont revêtus d'une véritable page décorative. Une ascension
de dentelle de pierre se finit en fleur de lys pour affirmer avec brio l'ascendance
royale du châtelain.
L'escalier de Longueville, érigé en 1510, est en plus couronné
d'une majestueuse tour carrée flanquée de deux tourelles. Antérieur
à l'escalier de François Ier à Blois, cet ouvrage fut
l'un des premiers foyers de la Renaissance française à incorporer
dans son décor des motifs d'origine italienne (médaillons, angelots,
candélabres...).
L'aile Renaissance a été réalisée
de 1509 à 1518 par François II de Longueville, petit fils de
Dunois.
Elle comprend une grande salle d'apparat de proportions considérables
: mesurant dix mètres de large sur une trentaine de mètres de
long, de grandes fêtes y étaient organisées.
LA SAINTE CHAPELLE
La Sainte-Chapelle a été construite en trois campagnes successives : de 1451
à 1454, pour le chur et la chapelle haute, de 1460 à 1464 pour la nef
et l'oratoire sud, enfin, le clocher a été accolé en 1493.
La chapelle basse, qui est le sanctuaire
principal, est riche d'une quinzaine de statues représentant pour la plupart
des saints et remontant au milieu du XVe siècle, d'une Vierge à l'Enfant datée
des environs de 1400, d'une statue de Dunois et d'une fresque décrivant la
scène du Jugement Dernier, peinte à la détrempe vraisemblablement en 1493.
Dans la partie haute, on trouve une voûte
en
berceau avec sa charpente en bois. C'est par ce
niveau que se fait l'accès au donjon.
Cette tour, très imposante, a été conservée dans
un état exceptionnel.
La base de son mur atteint 4 mètres d'épaisseur, elle mesure 31 mètres de
haut et 17 mètres de diamètre.
Elle comporte 3 niveaux, les deux niveaux
inférieurs voûtés en coupole, le niveau supérieur couvert d'une charpente
commandée par Dunois, comportant 5 niveaux de "roues" permettant
de constituer une charpente conique.
À l'origine, on accédait directement au premier étage par une porte
placée à 10 mètres au dessus du sol. Le rez-de-chaussée, accessible de l'intérieur
par un puits, servait au stockage de la nourriture.
Le troisième niveau, doté de larges fenêtres,
constituait l'habitation. Dunois y avait installé sa bibliothèque. Dans un
recoin on y trouve également un trou d'aisance, donnant directement
sur l'extérieur en formant bretèche.
L'AILE DUNOIS
Cette aile a été élevée par Jehan de Dunois entre 1459 et 1468. Elle comporte
cinq niveaux : deux sous-sols, un rez-de-chaussée et deux étages.
Le rez-de-chaussée et le premier étage regroupaient les salles "nobles" de
la demeure, alors que l'appartement de bain, les cuisines aux cheminées monumentales
et les cachots se trouvaient au sous-sol. Les combles abritaient les domestiques.
L'aspect extérieur, malgré quelques éléments
d'ornementation de style gothique flamboyant, est très sobre, voire même sévère.
Du côté du Loir, la façade se caractérise par des échauguettes d'angles et
une série de ressauts sur une hauteur d'une soixantaine de mètres qui confèrent
au monument une allure de nid d'aigle.
Côté cour, on note la présence d'un grand escalier bâti sur le modèle de la
célèbre "grand vis" construite par Charles V au Louvre.
Une salle de justice fut réaménagée au XVIIème
siècle au rez de chaussée, et s'accompagne de prisons au sous-sol.
Rare exemple de juridiction seigneuriale d'ancien régime transformée
à la révolution en salle de justice révolutionnaire,
ce tribunal conserve encore son décor d'origine ainsi que les attributs
révolutionnaires peints vers 1790.
L'AILE LONGUEVILLE
Les fonctions s'y répartissent comme dans l'aile Dunois : caves, cuisines
et offices dans les étages de soubassement, habitation noble au rez-de-chaussée
et au premier étage, logements secondaires dans les combles.
Les façades, empreintes des manières de la Renaissance offrent une physionomie
plus douce que celles de l'aile ouest.
La grande salle d'apparat mesure 10 mètres de large sur une trentaine
de long et de grandes fêtes y étaient organisées. À
chaque extrémité, cette pièce de réception est
agrémentée de monumentales cheminées sculptées
dont l'une est surmontée d'un cerf de pierre.
LES REMPARTS
Du côté du Loir, la façade se caractérise par des échauguettes d'angles et
une série de ressauts sur une hauteur d'une soixantaine de mètres qui confèrent
au monument une allure de nid d'aigle.
L'ancien chemin de ronde court sous la charpente de Dunois, et les mâchicoulis
y sont encore présents, avec un à-pic impressionnant.
Au pied du château le Loir et la ville basse.