Jordanie - mars 2002

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Sommaire
10/03 - Mont Nébo -Madaba - Mer Morte - Karak
11/03 - Petra - Tombeau aux obélisques - Sîq - Khazneh - Théatre - Al Madhbah
12/03 - Petit Sîq - El Deir * 13/03 - Mont Aaron - Wadi Sabra
14/03 - Wadi Ragui - Gravures - Wadi Sada * 15/03 - Mont Messaouda - Bou Sui Den
16/03 - Wadi R'Kia * 17/03 - Oasis de N'Khila
18/03 - Dunes - Mont Tharaf * 19/03 - Wadi Rum - Gravures
20/03 - Le Burda * 21/03 - Palais de Lawrence - Arche du Kharaz
22/03 - Akaba - La Mer Rouge

Photothèque Jordanie

Vers le site de Franck, pour le récit d'un autre trekker

Le journal de Franck

Vers le site de Terdav



Extraits du carnet de voyage

10 mars :

Mont Nébo - table d'orientation Première étape sur la route de Pétra, qui comportera quelques détours, le mont Nébo, où dit-on mourut Moïse après avoir contemplé la Terre Promise. Les Franciscains ont entrepris, depuis 1933, un patient travail de fouille, couronné par la visite du Pape en 2000.
Un guide nous explique les origines des mosaïques, et nous fait voir l'église des origines, agrandie au fil du développement du sanctuaire.

Mosaïques

Dehors le vent souffle violemment, et sur le promontoire qui domine la vallée du Jourdain, il faut bien se tenir. Mais nous ne faisons que deviner la Terre Promise : la brume a envahi la vallée et ne laisse que percevoir le trait sombre du fleuve et l'étendue de la Mer Morte.

Carte de la Palestine

Nous repartons vers Madaba. À l'église orthodoxe, c'est l'heure de la messe. L'intérieur, très rénové, n'aurait rien d'extraordinaire, si ce n'était les restes d'une immense mosaïque, datée du VIe siècle, qui constitue une carte de la région situant les lieux évoqués dans la Bible. Elle a présenté, lors de sa découverte, un intérêt considérable, car elle permettait de situer les lieux évoqués dans les livres saints dont on avait perdu la trace.
Nous reprenons la route, mais le chauffeur choisit un itinéraire qui n'est pas le plus direct : nous allons rejoindre la forteresse de Karak en longeant la mer Morte. Ses eaux sont d'un bleu profond, tirant sur le vert quand on se rapproche du bord. Je suis frappé par un bourdonnement dans les oreilles, comme en montagne. En effet nous sommes à 400 m en dessous du niveau de la mer, le point le plus bas à la surface de la terre. Mer Morte
Karak Nous nous engageons sur une route plus montagneuse. Nous atteignons une petite ville construite autour d'un rocher dominé par une grande masse de pierre, la forteresse de Karak. Cette citadelle fut construite par les Francs au milieu du XIIe siècle.
Sa position très favorable lui valut d'être de fait imprenable : ce n'est que par une transaction, la veuve de Renaud de Châtillon l'ayant échangée contre son fils après la chute de Jérusalem, que les musulmans s'en emparèrent. Karak - Intérieur
La vieille citadelle des Francs, malgré la conquête et le temps passé, a encore de très beaux restes. Les murs ont été faits avec des matériaux de récupération, comme le montrent des morceaux de chapiteaux inclus dans la façade. Mais c'est l'ampleur de la forteresse qui est saisissante. Après l'entrée, au dessus d'un fossé que franchissait jadis un pont-levis, c'est une succession de salles sur plusieurs niveaux.
À nouveau le bus. Nous somnolons sous la chaleur de l'après-midi. Il est vrai que le paysage est particulièrement monotone : nous avons rejoint l'autoroute qui relie Amman au sud du pays. Enfin nous atteignons Ma'an et nous prenons une route latérale qui file plein ouest. Des panneaux nous indiquent que nous nous rapprochons de Pétra.
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11 mars :

Tombeau aux obélisques Nous quittons l'hôtel tôt le matin, sac sur le dos. L'entrée du site est très proche. Nous sommes dans un défilé assez large, et sur notre gauche apparaît un monument, en fait deux tombeaux superposés, le "tombeau aux obélisques". À son sommet en effet quatre pyramides, qui lui ont valu son nom.
Un peu plus loin quelques boutiques marquent l'entrée d'un étroit défilé : le Sîq. Rapidement le chemin s'avère impressionnant : sur plus d'un kilomètre nous nous trouvons dans un corridor surmonté de hautes falaises de grès rose et ocre. Sur les bords, à hauteur d'homme, les restes de canalisations creusées à même la roche, que les Le Sîq
Khazneh Nabatéens utilisaient pour conduirent l'eau sur le site des tombeaux. Enfin au détour du défilé, apparaît comme dans une immense fenêtre formée par les parois de la falaise, le fameux tombeau du Khazneh. Le site est quasiment désert, à part quelques marchands ambulants.
Nous contemplons l'édifice longuement, comme si nous n'osions nous en approcher. Finalement quelqu'un se lance et nous pénétrons à l'intérieur. Une simple salle rectangulaire dans laquelle donnent trois alvéoles. Le lieu est intact, et la salle a gardé ses angles droits d'origine, un exploit quand on songe au mode de construction.
Nous continuons dans le défilé, cette fois plus large. Les tombeaux se succèdent, plus ou moins richement sculptés à l'extérieur. Un peu plus loin le théâtre, vaste hémicycle dont on nous dit qu'il pouvait accueillir 7000 spectateurs. Les gradins restent encore en bon état, suffisamment en tout cas pour nous permettre de les gravir. D'en haut nous redécouvrons le spectacle que pouvaient contempler les habitants antiques : à nos pieds la scène, et en arrière plan les tombes dites royales, comme un immense décor de pierre. Des gamins nous proposent avec insistance des pierres colorées. Théâtre
Le grès forme des couches bariolées... Nous continuons notre randonnée dans le fond de vallée. Le grès forme des couches bariolées du vert au rose presque rouge en passant par le jaune.
Puis nous commençons l'ascension d'un chemin qui grimpe entre les rochers, succession d'escaliers de pierre. Après une montée plutôt longue, sous la chaleur, nous arrivons au sommet. Nous sommes au sanctuaire d'Al Madhbah. Le plus significatif est un autel entouré de bancs de pierre, où se déroulaient les sacrifices. Une rigole et un petit bassin, pour recueillir le sang des animaux sacrifiés et le verser sur une autre pierre où les dieux pouvaient le recevoir.
Après le déjeuner, descente de l'autre côté de la falaise, et toujours ces mélanges de couleur, si semblables à des peintures. Au pied d'un escalier, les restes d'une sculpture dans le rocher, la fontaine au lion. Puis nous redescendons à notre niveau de départ et nous atteignons un grand édifice d'une vingtaine de mètres de haut, où subsiste encore un arc de pierre au dessus de l'unique entrée. L'édifice, quasiment cubique, a la particularité d'avoir été construit et non excavé. Nous sommes au château de la fille du Pharaon, où selon la légende, un roi aurait enfermé sa fille. Château de la fille du Pharaon
Nous reprenons la route par un défilé qui s'enfonce dans le plateau. L'après-midi se termine et nous avons hâte d'arriver. Enfin voici le lieu de notre campement, où nous allons passer deux nuits.
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12 mars :

... un vieux couple de bédouins... Nous empruntons un chemin sur le plateau. Au passage nous croisons un vieux couple de bédouins qui ont élu domicile dans une cavité du rocher. Lui prépare le thé qu'il nous offre, légèrement sucré et parfumé aux herbes. Elle secoue régulièrement une outre de peau, suspendue à un portique : elle fait son beurre, l'outre secouée remplie de lait faisant office de baratte.
Nous reprenons la route et arrivons à un petit défilé à l'entrée duquel se sont installées quelques boutiques. C'est le petit Sîq. À l'intérieur, une succession de tombes et de réservoirs, la moindre goutte d'eau descendant des rochers étant à l'époque récupérée par les Nabatéens. De nombreux escaliers permettaient de monter dans les rochers et d'entretenir le réseau d'écoulement. Dans une tombe, un des rares endroits où furent retrouvées des fresques, très abîmées évidemment.
Nous distinguons cependant quelques feuillages, et une silhouette accroupie qui pourrait être celle d'un joueur de flûte.
Nous ressortons par le même chemin et nous trouvons devant un enclos, avec l'inévitable échoppe devant la porte qui en marque l'entrée. Derrière les vestiges d'une des plus anciennes implantation humaine connue en Jordanie. Selon les archéologues, elle remonterait à 6500- 7000 av. JC et aurait perduré pendant 500 ans.
... 6500- 7000 av. JC...
... sous l'oeil inquiet de sa mère... Nous reprenons la route et dirigeons nos pas vers une masse rocheuse très sombre et très découpée. Nous croisons un troupeau de chameaux avec des petits âgés de quelques semaines. L'un des jeunes, emporté par la curiosité, s'approche de nous et se laisse caresser, sous l'oeil inquiet de sa mère.
Nous nous engageons dans les rochers. Le sentier prend bientôt l'allure d'un chemin en corniche.
El Deir Après le déjeuner, un temple sculpté pour le moins massif apparaît entre deux rochers.
C'est El Deir, 47 m de haut et 40 m de large. "colossal et majestueux" dit mon guide, et c'est vrai. Je crois que je le préfère au Khazneh. Peut être la façon de le découvrir, son côté improbable au détour d'un chemin, participent-ils au charme. Au sommet une urne gigantesque se détache, que nous avons pu apercevoir hier de l'un de nos points de vue.
Nous quittons El Deir et nous engageons dans un étroit défilé sur sa droite. Un peu plus loin, nous prenons un chemin sur notre droite qui nous mène à un nouveau tombeau, à la porte encadrée par deux lions. Nous continuons la descente, rythmée par les marchands ambulants et nous retrouvons à un point déjà croisé la veille, le château de la fille du Pharaon. Nous piquons sur la gauche, longeons la voie pavée de l'époque romaine, le cardo maximus. Nous arrivons bientôt à une ancienne église byzantine, datée du Ve siècle, dont il reste les murs, et surtout les mosaïques, en encore assez bon état. Enfin nous nous engageons sur le chemin du retour en prenant une gorge intermédiaire entre celle que nous avons descendue depuis El Deir et celle de la veille.
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13 mars :

Nous rejoignons le défilé de l'avant-veille. Nous revoilà face au château de la fille du Pharaon. Nous le contournons sur sa droite. Nous passons devant un tombeau, le dernier que nous verrons de Pétra. Le chemin monte doucement, il fait bon, environ 20°, et une petite brise rafraîchit l'air.
Mont Aaron Après quelque temps, sur notre droite nous apercevons maintenant une montagne coiffée d'un édifice blanc avec un dôme. C'est le mont Aaron, notre destination de la matinée. Sur cette montagne, selon la tradition, serait enterré Aaron, frère de Moïse, et une petite mosquée, l'édifice blanc dont nous avons remarqué la coupole, commémore l'endroit. La montée se fait plus rude.
Finalement, par une suite de lacets, nous atteignons un petit col, et le mont Aaron est juste au-dessus de nous. El Deir, au loin
Nous posons nos sacs non loin de là, où nous les retrouverons pour le déjeuner. Nous commençons alors l'ascension finale, par une suite d'escaliers taillés dans la roche. Nous y sommes.
L'édifice est tout simple : une pièce carrée surmontée d'un dôme en terrasse. Un petit escalier, le dernier, permet d'accéder sur la terrasse.
La vue, malgré la brume, est impressionnante, avec cet ensemble de roches déchiquetées, plus ou moins sombres. En face de nous un édifice dont nous apercevons 3 masses sombres comme des traits verticaux. Dans la semi-brume, et sous cet éclairage, nous n'avons pas reconnu El Deir où nous étions hier. Nous mesurons alors le chemin parcouru.
Après le déjeuner nous descendons assez longuement dans la pierraille, entrecoupée de quelques champs labourés, miraculeusement installés dans de petits lopins de terre. Le chemin prend ensuite des allures de défilé, et rapidement la roche qui nous entoure, par ses formes et par ses teintes rougeâtres, ralentit notre marche pour se laisser photographier. Par endroit la roche, manifestement très friable, a laissé comme des coulures, des drapés qui ornent la couche inférieure. De nombreuses cavités lui donnent des allures fantomatiques et le tout est assez impressionnant. la roche qui nous entoure...
...au lieu de notre campement... Nous sortons du défilé pour nous retrouver dans une vallée assez étroite, entourée de rochers découpés, le wadi Sabra. On se croirait dans la vallée d'un fleuve, mais l'eau est partie. Après un moment nous arrivons au lieu de notre campement, où les chameliers, qui nous ont rejoints pour la suite de la randonnée nous attendent. Sur le rocher face à nous est dessiné une sorte d'amphithéâtre. Le long de ses marches une source, canalisée par un tuyau. Et avec cette douche de fortune, nous nous lavons, nous débarrassant de la poussière accumulée ces trois jours durant.
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14 mars :
Du Wadi Sabra au Wadi Ragui Nous prenons la route en revenant sur nos pas de la veille. Sur la gauche du théâtre, dont notre guide nous a dit depuis qu'il était nabatéen, nous attaquons un petit chemin qui grimpe dans le rocher. Rapidement nous découvrons que nous nous enfonçons dans une échancrure qui prendra des allures de col.
Autour de nous la roche déchiquetée dessine toujours ses formes étonnantes, dans lesquelles nous imaginons parfois des animaux.
Après quelque temps, nous rejoignons une vallée plus large, assez semblable à celle où nous avons bivouaqué, le wadi Ragui.
... des bouquetins, aux cornes disproportionnées Nous posons les sac à dos et suivons notre guide dans un étroit défilé sur la gauche de notre point d'arrêt. Il s'agit d'une gorge étroite, aux parois très raides, assez semblable au Sîq de Pétra. Après quelques temps nous devinons sur le rocher des dessins gravés en forme d'animaux : des bouquetins, aux cornes disproportionnées. Ces dessins, antérieurs aux Nabatéens, marquent la première implantation humaine connue dans la région.
Nous reprenons notre chemin. La vallée devient moins nette et prend par moment des allures de défilé, voire de massif rocheux parcouru par de petits canyons. Par moment les pierres roulent rendant la marche, surtout la descente, pénible ; par moment le sentier se fait corniche. Encore quelques pas à faire pour nous arrêter à l'ombre d'un rocher et déjeuner.
Courte après-midi de marche. Quelques à pic, et nous apercevons bientôt un oued, lieu de notre campement. C'est le wadi Sada. Le campement est placé sur un terrain rocailleux, en bordure de l'oued.
Wadi Sada

15 mars :
... l'humeur buissonnière... Nous continuons dans le wadi Sada. Nous trouvons rapidement une piste que nous suivons un moment, avant de prendre un petit sentier qui grimpe dans la montagne. Nous nous dirigeons vers le mont Bou Sui Den, notre bivouac de ce soir. Le paysage change radicalement, et la roche est un peu plus jaune, et surtout la végétation plus rare. Le ciel est bleu sans nuage et le soleil tape, mais un petit vent rend la température supportable. Première étape du parcours, le mont Messaouda. Nous l'atteignons sans trop d'efforts. Nous continuons le chemin avec l'humeur buissonnière, tout est plus ou moins prétexte à s'arrêter, ou du moins à ralentir : un point de vue sur les rochers, avec au devant de nous, au loin Israël ; l'endroit rengorge également de fossiles que chacun ramasse à l'envie.
Le chemin redescend maintenant et se dirige vers une roche blanchâtre, fendue par une crevasse. Là nous attend... l'inattendu : une source, qui se transforme en cascade, pour se perdre dans la crevasse une dizaine de mètres plus bas.
Après le déjeuner, la marche reprend. Toujours le paysage un peu désolé, de montagne arrondies et pelées. Nous continuons notre marche sur un chemin carrossable, construit par les militaires. En effet l'endroit que nous venons de quitter forme un petit promontoire, donnant sur la plaine et au-delà vers Israël. La route en question conduit directement à ce point d'observation.
... une source qui se transforme en cascade...
Bou Sui Den Nous finissons par voir, sur la crêt d'une colline, deux hommes puis des chameaux. C'est le Bou Sui Den, notre destination. L'endroit est un plateau assez vaste, occupé à son extrémité sud par des bédouins.

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16 mars :
...trois pieds d'une plante fleurie... Nous commençons par gravir quelques petits monts aux pentes douces. Un peu après nous voyons sur l'horizon, sur un chemin qui parcourt la crête face à nous, la caravane formée par nos chameliers, qui s'est mise en marche. Nous franchissons une succession de pentes rocheuses, aux couleurs ocres. Les rochers s'entremêlent, forment une succession de plans, interrompus par des défilés. ...intact et blanchi au soleil...
Dans l'un d'eux nous trouvons, blottis au creux d'un rocher, trois pieds d'une plante fleurie, à la tige épaisse, qui n'est pas sans évoquer un petit ananas. À proximité le crâne d'un âne, intact et blanchi au soleil.
Wadi R'Kia Il fait très chaud. La végétation est de plus en plus rare et le paysage est fantastique. Nous escaladons des rochers aux teintes plus rougeâtres. Après un long moment nous atteignons le Wadi R'Kia, qui nous abritera pour le déjeuner et que nous remonterons ensuite.

Nous suivons son lit, qui s'élargit progressivement. Le défilé s'ouvre, et devient petite vallée, avec de nombreuses traces d'écoulement d'eau. Nous marchons sur du sable, qui, au centre, le lit mineur, est fluide et s'enfonce sous nos pas.

Nous apercevons, sur la droite, une dune de sable qui semble dévaler dans la rivière asséchée, coincée entre deux rochers. C'est là notre campement. Les chameaux et les ânes sont installés en bas, sur un plateau de sable clair. Nous prenons position dans la dune de sable rouge.
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17 mars :

...une grande dune de sable... Le ciel s'est voilé. Pas de soleil levant, mais un ciel de nuages assez épais. Le temps changerait-il ? Nous sommes prêts très tôt. Nous rejoignons une grande dune de sable que nous traversons plein sud. Le ciel est toujours très couvert, et en particulier au sud-est les nuages sont très noirs. Les pas s'enfoncent dans le sable. Nous continuons dans les dunes. Les nuages se lèvent un peu et le soleil fait son apparition de manière intermittente.
Enfin nous laissons les dunes pour rejoindre un large wadi, que nous descendons. Sur notre droite, le Wadi Araba, plaine frontière entre Israël et la Jordanie, qui relie la mer morte à la mer rouge. Il laisse voir quelques plantations, surtout des kibboutz israéliens, mais aussi quelques unes côté jordanien.
Au bout d'un moment nous nous engageons dans une suite de petits rochers, pour franchir un petit col. Et nous atteignons... une oasis ! Une véritable oasis avec 4 ou 5 palmiers-dattiers, et surtout une source, d'une eau plutôt rare, en flaques, mais assez limpide.
Oasis de N'Khila
Après le déjeuner nous allons en profiter pour un brin de toilette.
Nous sommes, selon les indications du GPS, équidistants de Pétra et d'Akaba, à 50 km de l'un et de l'autre, pratiquement sur une ligne droite.
...les oueds s'entrecroisent... La marche reprend, les nuages sont de plus en plus rares. Nous remontons la pente de l'oued sur la gauche, puis prenons une sorte de combe, qui se termine par un chemin en corniche. Les oueds s'entrecroisent, et le topographie est plus difficiles à percevoir. Les roches sont rouges, avec par moment des teintes grises tirant sur le vert. Le soleil qui baisse déjà renforce les contrastes. Un dernier épaulement et nous parvenons à une sorte de cirque où se trouvent déjà les chameliers. Au centre, où nous allons camper, un plateau de cailloux et de sable clair.
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18 mars :
Nous nous sommes remis en route, en quittant notre campement vers le sud, et nous remontons un oued qui s'élève régulièrement. La caravane est partie de son côté, avec ses chameaux et ses ânes. Puis l'oued disparaît et nous escaladons quelques rochers. Devant nous une dune de sable, curieusement perchée en hauteur. Nous l'atteignons et avons la surprise de découvrir en contrebas notre oasis d'hier midi. Nous avons depuis parcouru un cercle, et nous nous éloignons maintenant vers le sud-ouest. ...une dune de sable...
... dégoulinure de pierre... La roche reprend ses formes étranges, liées à l'érosion, qui a multiplié les cavités, les creux ou les reliefs. Nous marchons dans une véritable dégoulinure de pierre, comme si la matière meuble s'était lentement écoulée avant de se solidifier brutalement.
Encore une montée assez raide. Devant nous, à nouveau une dune de sable en hauteur, qui se découpe sur le ciel bleu. kibboutz
Nous la dépassons et rejoignons un ensemble de rochers qui dominent les alentours. Cet endroit, le mont Tharaf, sera le lieu de notre déjeuner. Face à nous le Wadi Araba et les kibboutz avec leurs plantations alignées parfaitement perceptibles.
adieux aux chameliers Nous repartons sous un soleil de plomb. Nous suivons une piste. Nous sommes sur un plateau assez vaste, d'où émergent des masses rocheuses assez pentues, semblables à des tumulus de grande hauteur.
Enfin au détour d'un virage nous apercevons des chameaux : la caravane est arrivée avant nous. Il faut encore transporter les bagages à une cinquantaine de mètres vers le campement et nous faisons nos adieux aux chameliers : une autre équipe prendra le relais dans le Wadi Rum.
J'entreprends l'ascension du rocher qui domine le camp. La plaine s'étend de part et d'autre, éclairée par le soleil de cette fin de journée. Côté est elle prend des teintes vert de gris, qui tranchent avec l'ocre des montagnes. Deux campements de bédouins sont également visibles.
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19 mars :
Matinée morose. Le vent a soufflé toute la nuit. Au matin il souffle toujours, et le ciel est un peu voilé. Nous embarquons dans un bus, retrouvant sans plaisir un autre mode de locomotion que la marche à pied. La piste devient goudronnée à proximité d'un petit village. Nous longeons l'autoroute Amman - Akaba où roulent quelques poids lourds. Puis nous l'empruntons en franchissant allégrement le terre-plein central après nous être engagés à contre sens. Nous roulons quelques kilomètres avant de sortir et de piquer sur notre gauche, direction Wadi Rum.
...un voile nuageux... Dernier arrêt. Les bagages sont transférés sur une camionnette qui va les porter à notre lieu de campement. Nous restons seuls au bord de la route. Devant nous un grand rocher formant comme des colonnes. Il s'agit des "sept piliers de la sagesse", comme l'aurait ainsi nommé Lawrence d'Arabie. Mais un voile nuageux enlève tout contraste. Nous traversons une vaste plaine de sable, et le vent qui souffle fait supporter la polaire. Nous empruntons un défilé à droite des piliers.
Nous marchons sans enthousiasme. Le temps, la lumière, rien ne met le site en valeur et pour l'instant le Wadi Rum nous déçoit. Nouvelle plaine sableuse. Nous atteignons un rocher sur lequel nous voyons de nouvelles gravures : autruches, chameaux, scènes de chasse.
Nous retraversons la plaine. Nouvel arrêt, pour le déjeuner. Quelques gouttes de pluie, à peine perceptibles.
...autruches, chameaux, scènes de chasse...
...quelques gros rochers... Nous repartons et marchons le long des rochers, sur un sol sableux. Nous n'allons pas très loin : une averse arrive qui nous contraint à nous abriter sous un petit surplomb rocheux. Elle ne dure pas longtemps et ne suffit pas à débarrasser le ciel de ses nuages.

La marche reprend, monotone. De temps à autre quelques gros rochers laissent deviner l'aspect qu'ils pourraient avoir sous un bon éclairage. Finalement nous entrons dans un petit défilé. Nous avançons longuement entre des parois d'assez grande hauteur. Au bout, dans ce qui forme comme un petit amphithéâtre, se trouve déjà le 4 x 4 qui transporte nos sacs.

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20 mars :
Wadi Rum Le vent souffle toujours, mais le ciel est bleu avec quelques nuages. Nous nous mettons en route. Nous apprécions mieux, avec le soleil, la taille des rochers qui nous entourent. Après quelque temps nous atteignons une plaine sableuse assez dégagée et sommes enfin au soleil. Nous entreprenons de la traverser, vers un amas de rochers. Elle est parsemée de petites touches de végétation assez sèche, broussailles ou genêts.
Nous passons par un petit col. Derrière une petite terrasse qui domine une autre plaine semblable à la précédente. Nous y descendons. Nous y croisons la trace de nombreux véhicules, et une caravane de touristes juchés sur leurs chameaux qui attestent de la grande fréquentation des lieux.
Nous nous dirigeons vers une masse imposante. Nous savons que notre destination est le Burda, la grande arche dont nous devons entreprendre l'ascension après le déjeuner.
Nous y sommes. La randonnée prend des allures d'escalade. Très vite il y a quelques passages en corniche, avec plusieurs mètres en contrebas et je ne suis pas très à l'aise. Ensuite c'est une pente assez raide qu'il faut gravir, en s'aidant d'un arbre. Nous faisons une pose sur les rochers. La vue, avec l'ensemble de la plaine à nos pieds est superbe. Nous parcourons des yeux le chemin couvert en fin de matinée. Nous repartons et, au détour du premier rocher, nous la voyons. L'arche est devant, au dessus de nous. Elle a l'air assez petite d'où nous sommes : peut-être une dizaine de mètres de long, reliant deux roches verticales entre elles.
Reste à la rejoindre. Et le dernier passage pour l'atteindre est... à la hauteur !
le Burda
 Je suis de l'autre côté. Le long de la paroi, deux petits paliers rocheux de la largeur du pied qui forment comme une épingle à cheveux. On accède au premier, par son extrémité droite, en grimpant sur un rocher. Il faut alors se déplacer vers la gauche, environ 1,50 m plus loin, pour atteindre le second palier, repartir dans l'autre sens, et pouvoir grimper par un dernier effort sur le plateau qui précède l'arche. En dessous il y a le vide, sur une dizaine de mètres. Je passe après quelques autres, sans trop réfléchir. J'y suis, je n'ai pas compris comment. Reste la dernière étape, l'arche elle-même. Un dernier rocher assez facile : l'arche est devant moi, vue de dessus. Je m'avance. Le passage est assez large, mais dessous il y a le vide, probablement une centaine de mètres plus bas. Je suis de l'autre côté.
Il reste à redescendre. Le passage en corniche est prometteur. Nous retrouvons certains passages délicats en partie oubliés, et nous retrouvons en bas, sains et saufs, où un thé nous attend.
Nous grimpons dans le 4x4, car matériellement nous n'avons pas le temps de rentrer à pied au campement. Le véhicule fait cependant un petit détour pour nous faire admirer l'arche d'en bas. Effectivement nous la voyons, dans la fente du rocher, d'assez loin, et elle parait toute petite.
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...elle parait toute petite.

21 mars :
C'est le printemps, mais pour le moment le temps n'a pas changé : la nuit a été venteuse, plus encore que la précédente. Mais le ciel est bleu et c'est l'essentiel. Nous partons par le même chemin qu'hier. Nous sortons du défilé à un autre endroit, pour retrouver le soleil. Nous nous lançons dans la traversée de la plaine. Après un moment, de l'autre côté, nous arrivons au "palais de Lawrence" bien grand mot pour décrire les restes d'une maison de pierre accolée au rocher qui abrita jadis Lawrence d'Arabie. Un mur de pierres de taille, celui de la façade est encore en bon état. Les encoches qui accueillaient les poutres du toit sont encore visibles. Palais de Lawrence
Petite arche Nous repartons. Le vent souffle en rafales qui changent de direction, et la marche, dans cette vaste plaine, est assez monotone. Plus tard nous voyons un chameau, avec une proximité une personne aux allures de touriste. Pas possible de se tromper, nous sommes arrivés à destination. Devant nous se dresse une nouvelle arche, l'arche du Kharaz, de taille à peu près comparable à celle d'hier, mais partant du niveau du sol cette fois-ci. Nous passons en dessous. Certains, dont je fais partie, en entreprennent successivement l'escalade, avec le rituel d'échange d'appareils photo. Mais l'accès est beaucoup plus facile qu'hier. Il faut grimper sur un rocher un peu raide, entrer dans un défilé étroit, et faire une dernière escalade en s'aidant des encoches faites dans la roche. L'arche est plus large, et le vide moins important.
Nous décidons de manger à ses pieds. Arrivent par paquets des petits groupes de touristes, une bonne majorité allemands.
Nous repartons. Les paysages sont beaux mais un peu monotones. Surtout le vent souffle toujours, projetant sur nos visages des rafales de sable qui nous cinglent. L'après-midi s'écoule ainsi. Nous arrivons au campement, en fait une tente de bédouins qui accueille les voyageurs. C'est notre dernière nuit en plein air, fût-ce sous la tente. Demain retour à la civilisation.
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...des rafales de sable...

22 mars :
Le vent s'est adouci. Nous marchons 1h30, plein nord, en direction du village de Rum. Mais nous n'avons pas le temps de l'atteindre à pied pour arriver assez tôt à Akaba. Le 4x4 vient donc nous récupérer et nous fait faire les derniers kilomètres. À Rum nous montons dans le bus. Il traverse le village et rejoint la route qui continue vers le nord-ouest.
Eilat vue d'Akaba Puis c'est l'autoroute. L'intensité des camions parait augmenter à l'approche d'Akaba. Des "truck centers" font leur apparition montrant l'intensité du trafic de marchandise.

Nous sommes presque arrivés quand nous voyons pour la première fois la Mer Rouge.
En face de nous, de l'autre côté de l'eau, Eilat l'israélienne, avec ses immeubles en hauteur.

Après une toilette à l'hôtel, nous avons décidé de goûter un peu de la Mer Rouge et des joies de la plongée. Nous prenons un taxi, et nous y sommes, à une bonne dizaines de kilomètres au sud de la ville, vers la frontière saoudienne. Le temps de payer l'entrée et de louer masques et tubas, et nous nous retrouvons dans l'eau, que certains trouvent un peu froide. Mais le spectacle des coraux et des poissons multicolores en vaut la peine. Coraux
Narguilé Puis petite virée en ville, autrement dit faire le siège des magasins de souvenirs. Peu de choses à trouver en vérité.
La journée se finira dans un bar de plage, à tester le narguilé. Demain l'avion et le retour.

Les vacances sont finies.
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© Bernard Cathelain 2002