
Extraits du carnet de voyage
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10 mars :
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Première
étape sur la route de Pétra, qui comportera quelques
détours, le mont Nébo, où dit-on mourut Moïse
après avoir contemplé la Terre Promise. Les Franciscains
ont entrepris, depuis 1933, un patient travail de fouille, couronné
par la visite du Pape en 2000. |
Un guide nous explique les origines
des mosaïques, et nous fait voir l'église des origines,
agrandie au fil du développement du sanctuaire. |
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| Dehors le
vent souffle violemment, et sur le promontoire qui domine la vallée
du Jourdain, il faut bien se tenir. Mais nous ne faisons que deviner
la Terre Promise : la brume a envahi la vallée et ne laisse
que percevoir le trait sombre du fleuve et l'étendue de la
Mer Morte. |
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Nous
repartons vers Madaba. À l'église orthodoxe, c'est l'heure
de la messe. L'intérieur, très rénové,
n'aurait rien d'extraordinaire, si ce n'était les restes d'une
immense mosaïque, datée du VIe siècle, qui constitue
une carte de la région situant les lieux évoqués
dans la Bible. Elle a présenté, lors de sa découverte,
un intérêt considérable, car elle permettait de
situer les lieux évoqués dans les livres saints dont
on avait perdu la trace. |
| Nous
reprenons la route, mais le chauffeur choisit un itinéraire
qui n'est pas le plus direct : nous allons rejoindre la forteresse
de Karak en longeant la mer Morte. Ses eaux sont d'un bleu profond,
tirant sur le vert quand on se rapproche du bord. Je suis frappé
par un bourdonnement dans les oreilles, comme en montagne. En effet
nous sommes à 400 m en dessous du niveau de la mer, le point
le plus bas à la surface de la terre. |
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Nous
nous engageons sur une route plus montagneuse. Nous atteignons une
petite ville construite autour d'un rocher dominé par une grande
masse de pierre, la forteresse de Karak. Cette citadelle fut construite
par les Francs au milieu du XIIe siècle. |
| Sa position très favorable
lui valut d'être de fait imprenable : ce n'est que par une transaction,
la veuve de Renaud de Châtillon l'ayant échangée
contre son fils après la chute de Jérusalem, que les
musulmans s'en emparèrent. |
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| La vieille citadelle
des Francs, malgré la conquête et le temps passé,
a encore de très beaux restes. Les murs ont été
faits avec des matériaux de récupération, comme
le montrent des morceaux de chapiteaux inclus dans la façade.
Mais c'est l'ampleur de la forteresse qui est saisissante. Après
l'entrée, au dessus d'un fossé que franchissait jadis
un pont-levis, c'est une succession de salles sur plusieurs niveaux. |
| À nouveau le bus.
Nous somnolons sous la chaleur de l'après-midi. Il est vrai
que le paysage est particulièrement monotone : nous avons rejoint
l'autoroute qui relie Amman au sud du pays. Enfin nous atteignons
Ma'an et nous prenons une route latérale qui file plein ouest.
Des panneaux nous indiquent que nous nous rapprochons de Pétra. |
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11 mars :
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Nous
quittons l'hôtel tôt le matin, sac sur le dos. L'entrée
du site est très proche. Nous sommes dans un défilé
assez large, et sur notre gauche apparaît un monument, en fait
deux tombeaux superposés, le "tombeau aux obélisques".
À son sommet en effet quatre pyramides, qui lui ont valu son
nom. |
| Un
peu plus loin quelques boutiques marquent l'entrée d'un étroit
défilé : le Sîq. Rapidement le chemin s'avère
impressionnant : sur plus d'un kilomètre nous nous trouvons
dans un corridor surmonté de hautes falaises de grès
rose et ocre. Sur les bords, à hauteur d'homme, les restes
de canalisations creusées à même la roche, que
les |
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Nabatéens
utilisaient pour conduirent l'eau sur le site des tombeaux. Enfin
au détour du défilé, apparaît comme dans
une immense fenêtre formée par les parois de la falaise,
le fameux tombeau du Khazneh. Le site est quasiment désert,
à part quelques marchands ambulants. |
| Nous contemplons l'édifice
longuement, comme si nous n'osions nous en approcher. Finalement quelqu'un
se lance et nous pénétrons à l'intérieur.
Une simple salle rectangulaire dans laquelle donnent trois alvéoles.
Le lieu est intact, et la salle a gardé ses angles droits d'origine,
un exploit quand on songe au mode de construction. |
| Nous
continuons dans le défilé, cette fois plus large. Les
tombeaux se succèdent, plus ou moins richement sculptés
à l'extérieur. Un peu plus loin le théâtre,
vaste hémicycle dont on nous dit qu'il pouvait accueillir 7000
spectateurs. Les gradins restent encore en bon état, suffisamment
en tout cas pour nous permettre de les gravir. D'en haut nous redécouvrons
le spectacle que pouvaient contempler les habitants antiques : à
nos pieds la scène, et en arrière plan les tombes dites
royales, comme un immense décor de pierre. Des gamins nous
proposent avec insistance des pierres colorées. |
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Nous continuons notre
randonnée dans le fond de vallée. Le grès forme
des couches bariolées du vert au rose presque rouge en passant
par le jaune.
Puis nous commençons l'ascension d'un chemin qui grimpe entre
les rochers, succession d'escaliers de pierre. Après une montée
plutôt longue, sous la chaleur, nous arrivons au sommet. Nous
sommes au sanctuaire d'Al Madhbah. Le plus significatif est un autel
entouré de bancs de pierre, où se déroulaient
les sacrifices. Une rigole et un petit bassin, pour recueillir le
sang des animaux sacrifiés et le verser sur une autre pierre
où les dieux pouvaient le recevoir. |
| Après le déjeuner,
descente de l'autre côté de la falaise, et toujours ces
mélanges de couleur, si semblables à des peintures.
Au pied d'un escalier, les restes d'une sculpture dans le rocher,
la fontaine au lion. Puis nous redescendons à notre niveau
de départ et nous atteignons un grand édifice d'une
vingtaine de mètres de haut, où subsiste encore un arc
de pierre au dessus de l'unique entrée. L'édifice, quasiment
cubique, a la particularité d'avoir été construit
et non excavé. Nous sommes au château de la fille du
Pharaon, où selon la légende, un roi aurait enfermé
sa fille. |
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Nous reprenons la route par un défilé qui s'enfonce
dans le plateau. L'après-midi se termine et nous avons hâte
d'arriver. Enfin voici le lieu de notre campement, où nous
allons passer deux nuits.
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12 mars :
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Nous empruntons un chemin
sur le plateau. Au passage nous croisons un vieux couple de bédouins
qui ont élu domicile dans une cavité du rocher. Lui
prépare le thé qu'il nous offre, légèrement
sucré et parfumé aux herbes. Elle secoue régulièrement
une outre de peau, suspendue à un portique : elle fait son
beurre, l'outre secouée remplie de lait faisant office de baratte.
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| Nous
reprenons la route et arrivons à un petit défilé
à l'entrée duquel se sont installées quelques
boutiques. C'est le petit Sîq. À l'intérieur,
une succession de tombes et de réservoirs, la moindre goutte
d'eau descendant des rochers étant à l'époque
récupérée par les Nabatéens. De nombreux
escaliers permettaient de monter dans les rochers et d'entretenir
le réseau d'écoulement. Dans une tombe, un des rares
endroits où furent retrouvées des fresques, très
abîmées évidemment. |
Nous distinguons cependant
quelques feuillages, et une silhouette accroupie qui pourrait être
celle d'un joueur de flûte.
Nous ressortons par le même chemin et nous trouvons devant un
enclos, avec l'inévitable échoppe devant la porte qui
en marque l'entrée. Derrière les vestiges d'une des plus
anciennes implantation humaine connue en Jordanie. Selon les archéologues,
elle remonterait à 6500- 7000 av. JC et aurait perduré
pendant 500 ans. |
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Nous reprenons la route et
dirigeons nos pas vers une masse rocheuse très sombre et très
découpée. Nous croisons un troupeau de chameaux avec des
petits âgés de quelques semaines. L'un des jeunes, emporté
par la curiosité, s'approche de nous et se laisse caresser, sous
l'oeil inquiet de sa mère.
Nous nous engageons dans les rochers. Le sentier prend bientôt
l'allure d'un chemin en corniche. |
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Après
le déjeuner, un temple sculpté pour le moins massif
apparaît entre deux rochers.
C'est El Deir, 47 m de haut et 40 m de large. "colossal et majestueux"
dit mon guide, et c'est vrai. Je crois que je le préfère
au Khazneh. Peut être la façon de le découvrir,
son côté improbable au détour d'un chemin, participent-ils
au charme. Au sommet une urne gigantesque se détache, que nous
avons pu apercevoir hier de l'un de nos points de vue. |
Nous quittons El Deir et nous engageons
dans un étroit défilé sur sa droite. Un peu plus
loin, nous prenons un chemin sur notre droite qui nous mène
à un nouveau tombeau, à la porte encadrée par
deux lions. Nous continuons la descente, rythmée par les marchands
ambulants et nous retrouvons à un point déjà
croisé la veille, le château de la fille du Pharaon.
Nous piquons sur la gauche, longeons la voie pavée de l'époque
romaine, le cardo maximus. Nous arrivons bientôt à une
ancienne église byzantine, datée du Ve siècle,
dont il reste les murs, et surtout les mosaïques, en encore assez
bon état. Enfin nous nous engageons sur le chemin du retour
en prenant une gorge intermédiaire entre celle que nous avons
descendue depuis El Deir et celle de la veille.
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13 mars :
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| Nous rejoignons le défilé
de l'avant-veille. Nous revoilà face au château de la
fille du Pharaon. Nous le contournons sur sa droite. Nous passons
devant un tombeau, le dernier que nous verrons de Pétra. Le
chemin monte doucement, il fait bon, environ 20°, et une petite brise
rafraîchit l'air. |
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Après
quelque temps, sur notre droite nous apercevons maintenant une montagne
coiffée d'un édifice blanc avec un dôme. C'est
le mont Aaron, notre destination de la matinée. Sur cette montagne,
selon la tradition, serait enterré Aaron, frère de Moïse,
et une petite mosquée, l'édifice blanc dont nous avons
remarqué la coupole, commémore l'endroit. La montée
se fait plus rude. |
| Finalement, par une suite de lacets,
nous atteignons un petit col, et le mont Aaron est juste au-dessus
de nous. |
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Nous posons nos sacs non
loin de là, où nous les retrouverons pour le déjeuner.
Nous commençons alors l'ascension finale, par une suite d'escaliers
taillés dans la roche. Nous y sommes.
L'édifice est tout simple : une pièce carrée
surmontée d'un dôme en terrasse. Un petit escalier, le
dernier, permet d'accéder sur la terrasse. |
| La vue, malgré
la brume, est impressionnante, avec cet ensemble de roches déchiquetées,
plus ou moins sombres. En face de nous un édifice dont nous
apercevons 3 masses sombres comme des traits verticaux. Dans la semi-brume,
et sous cet éclairage, nous n'avons pas reconnu El Deir où
nous étions hier. Nous mesurons alors le chemin parcouru. |
| Après le déjeuner
nous descendons assez longuement dans la pierraille, entrecoupée
de quelques champs labourés, miraculeusement installés
dans de petits lopins de terre. Le chemin prend ensuite des allures
de défilé, et rapidement la roche qui nous entoure,
par ses formes et par ses teintes rougeâtres, ralentit notre
marche pour se laisser photographier. Par endroit la roche, manifestement
très friable, a laissé comme des coulures, des drapés
qui ornent la couche inférieure. De nombreuses cavités
lui donnent des allures fantomatiques et le tout est assez impressionnant. |
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Nous sortons
du défilé pour nous retrouver dans une vallée
assez étroite, entourée de rochers découpés,
le wadi Sabra. On se croirait dans la vallée d'un fleuve, mais
l'eau est partie. Après un moment nous arrivons au lieu de
notre campement, où les chameliers, qui nous ont rejoints pour
la suite de la randonnée nous attendent. Sur le rocher face
à nous est dessiné une sorte d'amphithéâtre.
Le long de ses marches une source, canalisée par un tuyau.
Et avec cette douche de fortune, nous nous lavons, nous débarrassant
de la poussière accumulée ces trois jours durant. |
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14 mars :
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Nous prenons la route en revenant
sur nos pas de la veille. Sur la gauche du théâtre, dont
notre guide nous a dit depuis qu'il était nabatéen,
nous attaquons un petit chemin qui grimpe dans le rocher. Rapidement
nous découvrons que nous nous enfonçons dans une échancrure
qui prendra des allures de col.
Autour de nous la roche déchiquetée dessine toujours
ses formes étonnantes, dans lesquelles nous imaginons parfois
des animaux. |
| Après quelque temps, nous rejoignons
une vallée plus large, assez semblable à celle où
nous avons bivouaqué, le wadi Ragui. |
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Nous posons
les sac à dos et suivons notre guide dans un étroit
défilé sur la gauche de notre point d'arrêt. Il
s'agit d'une gorge étroite, aux parois très raides,
assez semblable au Sîq de Pétra. Après quelques
temps nous devinons sur le rocher des dessins gravés en forme
d'animaux : des bouquetins, aux cornes disproportionnées. Ces
dessins, antérieurs aux Nabatéens, marquent la première
implantation humaine connue dans la région. |
Nous reprenons notre chemin. La
vallée devient moins nette et prend par moment des allures
de défilé, voire de massif rocheux parcouru par de petits
canyons. Par moment les pierres roulent rendant la marche, surtout
la descente, pénible ; par moment le sentier se fait corniche.
Encore quelques pas à faire pour nous arrêter à
l'ombre d'un rocher et déjeuner.
Courte après-midi de marche. Quelques
à pic, et nous apercevons bientôt un oued, lieu de notre
campement. C'est le wadi Sada. Le campement est placé sur un
terrain rocailleux, en bordure de l'oued. |
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15 mars :
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Nous continuons
dans le wadi Sada. Nous trouvons rapidement une piste que nous suivons
un moment, avant de prendre un petit sentier qui grimpe dans la montagne.
Nous nous dirigeons vers le mont Bou Sui Den, notre bivouac de ce
soir. Le paysage change radicalement, et la roche est un peu plus
jaune, et surtout la végétation plus rare. Le ciel est
bleu sans nuage et le soleil tape, mais un petit vent rend la température
supportable. Première étape du parcours, le mont Messaouda.
Nous l'atteignons sans trop d'efforts. Nous continuons le chemin avec
l'humeur buissonnière, tout est plus ou moins prétexte
à s'arrêter, ou du moins à ralentir : un point
de vue sur les rochers, avec au devant de nous, au loin Israël
; l'endroit rengorge également de fossiles que chacun ramasse
à l'envie. |
Le chemin redescend maintenant
et se dirige vers une roche blanchâtre, fendue par une crevasse.
Là nous attend... l'inattendu : une source, qui se transforme
en cascade, pour se perdre dans la crevasse une dizaine de mètres
plus bas.
Après le déjeuner, la marche reprend. Toujours le paysage
un peu désolé, de montagne arrondies et pelées.
Nous continuons notre marche sur un chemin carrossable, construit
par les militaires. En effet l'endroit que nous venons de quitter
forme un petit promontoire, donnant sur la plaine et au-delà
vers Israël. La route en question conduit directement à
ce point d'observation. |
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Nous finissons par
voir, sur la crêt d'une colline, deux hommes puis des chameaux.
C'est le Bou Sui Den, notre destination. L'endroit est un plateau
assez vaste, occupé à son extrémité sud
par des bédouins.
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16 mars :
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Nous commençons par gravir
quelques petits monts aux pentes douces. Un peu après nous
voyons sur l'horizon, sur un chemin qui parcourt la crête face
à nous, la caravane formée par nos chameliers, qui s'est
mise en marche. Nous franchissons une succession de pentes rocheuses,
aux couleurs ocres. Les rochers s'entremêlent, forment une succession
de plans, interrompus par des défilés. |
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| Dans l'un d'eux nous trouvons,
blottis au creux d'un rocher, trois pieds d'une plante fleurie, à
la tige épaisse, qui n'est pas sans évoquer un petit
ananas. À proximité le crâne d'un âne, intact
et blanchi au soleil. |
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Il fait très
chaud. La végétation est de plus en plus rare et le
paysage est fantastique. Nous escaladons des rochers aux teintes plus
rougeâtres. Après un long moment nous atteignons le Wadi
R'Kia, qui nous abritera pour le déjeuner et que nous remonterons
ensuite.
Nous suivons son lit, qui s'élargit progressivement. Le
défilé s'ouvre, et devient petite vallée, avec
de nombreuses traces d'écoulement d'eau. Nous marchons sur
du sable, qui, au centre, le lit mineur, est fluide et s'enfonce
sous nos pas.
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Nous apercevons, sur la droite, une dune de sable qui semble
dévaler dans la rivière asséchée, coincée
entre deux rochers. C'est là notre campement. Les chameaux
et les ânes sont installés en bas, sur un plateau de
sable clair. Nous prenons position dans la dune de sable rouge.
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17 mars :
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Le ciel s'est voilé. Pas
de soleil levant, mais un ciel de nuages assez épais. Le temps
changerait-il ? Nous sommes prêts très tôt. Nous
rejoignons une grande dune de sable que nous traversons plein sud.
Le ciel est toujours très couvert, et en particulier au sud-est
les nuages sont très noirs. Les pas s'enfoncent dans le sable.
Nous continuons dans les dunes. Les nuages se lèvent un peu
et le soleil fait son apparition de manière intermittente.
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Enfin nous laissons les dunes pour
rejoindre un large wadi, que nous descendons. Sur notre droite, le
Wadi Araba, plaine frontière entre Israël et la Jordanie,
qui relie la mer morte à la mer rouge. Il laisse voir quelques
plantations, surtout des kibboutz israéliens, mais aussi quelques
unes côté jordanien.
Au bout d'un moment nous nous engageons dans
une suite de petits rochers, pour franchir un petit col. Et nous atteignons...
une oasis ! Une véritable oasis avec 4 ou 5 palmiers-dattiers,
et surtout une source, d'une eau plutôt rare, en flaques, mais
assez limpide.
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Après le déjeuner nous allons en profiter pour
un brin de toilette.
Nous sommes, selon les indications du GPS, équidistants de
Pétra et d'Akaba, à 50 km de l'un et de l'autre, pratiquement
sur une ligne droite. |
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La marche reprend, les nuages sont
de plus en plus rares. Nous remontons la pente de l'oued sur la gauche,
puis prenons une sorte de combe, qui se termine par un chemin en corniche.
Les oueds s'entrecroisent, et le topographie est plus difficiles à
percevoir. Les roches sont rouges, avec par moment des teintes grises
tirant sur le vert. Le soleil qui baisse déjà renforce
les contrastes. Un dernier épaulement et nous parvenons à
une sorte de cirque où se trouvent déjà les chameliers.
Au centre, où nous allons camper, un plateau de cailloux et
de sable clair. |
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18 mars :
| Nous nous sommes
remis en route, en quittant notre campement vers le sud, et nous remontons
un oued qui s'élève régulièrement. La
caravane est partie de son côté, avec ses chameaux et
ses ânes. Puis l'oued disparaît et nous escaladons quelques
rochers. Devant nous une dune de sable, curieusement perchée
en hauteur. Nous l'atteignons et avons la surprise de découvrir
en contrebas notre oasis d'hier midi. Nous avons depuis parcouru un
cercle, et nous nous éloignons maintenant vers le sud-ouest. |
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La roche reprend ses formes
étranges, liées à l'érosion, qui a multiplié
les cavités, les creux ou les reliefs. Nous marchons dans une
véritable dégoulinure de pierre, comme si la matière
meuble s'était lentement écoulée avant de se
solidifier brutalement. |
| Encore une montée assez raide.
Devant nous, à nouveau une dune de sable en hauteur, qui se
découpe sur le ciel bleu. |
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| Nous
la dépassons et rejoignons un ensemble de rochers qui dominent
les alentours. Cet endroit, le mont Tharaf, sera le lieu de notre
déjeuner. Face à nous le Wadi Araba et les kibboutz
avec leurs plantations alignées parfaitement perceptibles.
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Nous repartons sous un soleil de
plomb. Nous suivons une piste. Nous sommes sur un plateau assez vaste,
d'où émergent des masses rocheuses assez pentues, semblables
à des tumulus de grande hauteur.
Enfin au détour d'un virage nous apercevons des chameaux :
la caravane est arrivée avant nous. Il faut encore transporter
les bagages à une cinquantaine de mètres vers le campement
et nous faisons nos adieux aux chameliers : une autre équipe
prendra le relais dans le Wadi Rum. |
J'entreprends l'ascension du rocher qui domine le camp. La plaine
s'étend de part et d'autre, éclairée par le soleil
de cette fin de journée. Côté est elle prend des
teintes vert de gris, qui tranchent avec l'ocre des montagnes. Deux
campements de bédouins sont également visibles.
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19 mars :
| Matinée morose. Le vent a soufflé toute la nuit.
Au matin il souffle toujours, et le ciel est un peu voilé.
Nous embarquons dans un bus, retrouvant sans plaisir un autre mode
de locomotion que la marche à pied. La piste devient goudronnée
à proximité d'un petit village. Nous longeons l'autoroute
Amman - Akaba où roulent quelques poids lourds. Puis nous l'empruntons
en franchissant allégrement le terre-plein central après
nous être engagés à contre sens. Nous roulons
quelques kilomètres avant de sortir et de piquer sur notre
gauche, direction Wadi Rum. |
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Dernier arrêt.
Les bagages sont transférés sur une camionnette qui
va les porter à notre lieu de campement. Nous restons seuls
au bord de la route. Devant nous un grand rocher formant comme des
colonnes. Il s'agit des "sept piliers de la sagesse", comme l'aurait
ainsi nommé Lawrence d'Arabie. Mais un voile nuageux enlève
tout contraste. Nous traversons une vaste plaine de sable, et le vent
qui souffle fait supporter la polaire. Nous empruntons un défilé
à droite des piliers. |
Nous marchons
sans enthousiasme. Le temps, la lumière, rien ne met le site
en valeur et pour l'instant le Wadi Rum nous déçoit.
Nouvelle plaine sableuse. Nous atteignons un rocher sur lequel nous
voyons de nouvelles gravures : autruches, chameaux, scènes
de chasse.
Nous retraversons la plaine. Nouvel arrêt, pour le déjeuner.
Quelques gouttes de pluie, à peine perceptibles. |
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Nous repartons et marchons le long
des rochers, sur un sol sableux. Nous n'allons pas très loin
: une averse arrive qui nous contraint à nous abriter sous
un petit surplomb rocheux. Elle ne dure pas longtemps et ne suffit
pas à débarrasser le ciel de ses nuages.
La marche reprend, monotone. De temps à autre quelques
gros rochers laissent deviner l'aspect qu'ils pourraient avoir sous
un bon éclairage. Finalement nous entrons dans un petit défilé.
Nous avançons longuement entre des parois d'assez grande
hauteur. Au bout, dans ce qui forme comme un petit amphithéâtre,
se trouve déjà le 4 x 4 qui transporte nos sacs.
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20 mars :
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Le vent souffle toujours, mais le
ciel est bleu avec quelques nuages. Nous nous mettons en route. Nous
apprécions mieux, avec le soleil, la taille des rochers qui
nous entourent. Après quelque temps nous atteignons une plaine
sableuse assez dégagée et sommes enfin au soleil. Nous
entreprenons de la traverser, vers un amas de rochers. Elle est parsemée
de petites touches de végétation assez sèche,
broussailles ou genêts. |
Nous passons par un petit col. Derrière une petite terrasse
qui domine une autre plaine semblable à la précédente.
Nous y descendons. Nous y croisons la trace de nombreux véhicules,
et une caravane de touristes juchés sur leurs chameaux qui
attestent de la grande fréquentation des lieux.
Nous nous dirigeons vers une masse imposante. Nous
savons que notre destination est le Burda, la grande arche dont nous
devons entreprendre l'ascension après le déjeuner. |
Nous y sommes. La randonnée
prend des allures d'escalade. Très vite il y a quelques passages
en corniche, avec plusieurs mètres en contrebas et je ne suis
pas très à l'aise. Ensuite c'est une pente assez raide
qu'il faut gravir, en s'aidant d'un arbre. Nous faisons une pose sur
les rochers. La vue, avec l'ensemble de la plaine à nos pieds
est superbe. Nous parcourons des yeux le chemin couvert en fin de
matinée. Nous repartons et, au détour du premier rocher,
nous la voyons. L'arche est devant, au dessus de nous. Elle a l'air
assez petite d'où nous sommes : peut-être une dizaine
de mètres de long, reliant deux roches verticales entre elles.
Reste à la rejoindre. Et le dernier passage pour l'atteindre
est... à la hauteur ! |
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Le long de la paroi, deux petits
paliers rocheux de la largeur du pied qui forment comme une épingle
à cheveux. On accède au premier, par son extrémité
droite, en grimpant sur un rocher. Il faut alors se déplacer
vers la gauche, environ 1,50 m plus loin, pour atteindre le second
palier, repartir dans l'autre sens, et pouvoir grimper par un dernier
effort sur le plateau qui précède l'arche. En dessous
il y a le vide, sur une dizaine de mètres. Je passe après
quelques autres, sans trop réfléchir. J'y suis, je n'ai
pas compris comment. Reste la dernière étape, l'arche
elle-même. Un dernier rocher assez facile : l'arche est devant
moi, vue de dessus. Je m'avance. Le passage est assez large, mais
dessous il y a le vide, probablement une centaine de mètres
plus bas. Je suis de l'autre côté. |
Il reste à redescendre.
Le passage en corniche est prometteur. Nous retrouvons certains passages
délicats en partie oubliés, et nous retrouvons en bas,
sains et saufs, où un thé nous attend.
Nous grimpons dans le 4x4, car matériellement nous n'avons
pas le temps de rentrer à pied au campement. Le véhicule
fait cependant un petit détour pour nous faire admirer l'arche
d'en bas. Effectivement nous la voyons, dans la fente du rocher, d'assez
loin, et elle parait toute petite.
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21 mars :
| C'est le printemps, mais pour le
moment le temps n'a pas changé : la nuit a été
venteuse, plus encore que la précédente. Mais le ciel
est bleu et c'est l'essentiel. Nous partons par le même chemin
qu'hier. Nous sortons du défilé à un autre endroit,
pour retrouver le soleil. Nous nous lançons dans la traversée
de la plaine. Après un moment, de l'autre
côté, nous arrivons au "palais de Lawrence" bien grand
mot pour décrire les restes d'une maison de pierre accolée
au rocher qui abrita jadis Lawrence d'Arabie. Un mur de pierres de
taille, celui de la façade est encore en bon état. Les
encoches qui accueillaient les poutres du toit sont encore visibles. |
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Nous repartons. Le vent souffle
en rafales qui changent de direction, et la marche, dans cette vaste
plaine, est assez monotone. Plus tard nous voyons un chameau, avec
une proximité une personne aux allures de touriste. Pas possible
de se tromper, nous sommes arrivés à destination. Devant
nous se dresse une nouvelle arche, l'arche du Kharaz, de taille à
peu près comparable à celle d'hier, mais partant du
niveau du sol cette fois-ci. Nous passons en dessous. Certains, dont
je fais partie, en entreprennent successivement l'escalade, avec le
rituel d'échange d'appareils photo. Mais l'accès est
beaucoup plus facile qu'hier. Il faut grimper sur un rocher un peu
raide, entrer dans un défilé étroit, et faire
une dernière escalade en s'aidant des encoches faites dans
la roche. L'arche est plus large, et le vide moins important. |
Nous décidons de manger à ses pieds. Arrivent par paquets
des petits groupes de touristes, une bonne majorité allemands.
Nous repartons. Les paysages sont
beaux mais un peu monotones. Surtout le vent souffle toujours, projetant
sur nos visages des rafales de sable qui nous cinglent. L'après-midi
s'écoule ainsi. Nous arrivons au campement, en fait une tente
de bédouins qui accueille les voyageurs. C'est notre dernière
nuit en plein air, fût-ce sous la tente. Demain retour à
la civilisation.
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22 mars :
| Le vent s'est adouci. Nous marchons 1h30, plein nord, en direction
du village de Rum. Mais nous n'avons pas le temps de l'atteindre à
pied pour arriver assez tôt à Akaba. Le 4x4 vient donc
nous récupérer et nous fait faire les derniers kilomètres.
À Rum nous montons dans le bus. Il traverse le village et rejoint
la route qui continue vers le nord-ouest. |
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Puis c'est l'autoroute.
L'intensité des camions parait augmenter à l'approche
d'Akaba. Des "truck centers" font leur apparition montrant l'intensité
du trafic de marchandise.
Nous sommes presque arrivés quand nous voyons pour la
première fois la Mer Rouge.
En face de nous, de l'autre côté de l'eau, Eilat l'israélienne,
avec ses immeubles en hauteur.
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| Après une toilette à l'hôtel,
nous avons décidé de goûter un peu de la Mer Rouge
et des joies de la plongée. Nous prenons un taxi, et nous y
sommes, à une bonne dizaines de kilomètres au sud de
la ville, vers la frontière saoudienne. Le temps de payer l'entrée
et de louer masques et tubas, et nous nous retrouvons dans l'eau,
que certains trouvent un peu froide. Mais le spectacle des coraux
et des poissons multicolores en vaut la peine. |
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Puis petite virée en ville,
autrement dit faire le siège des magasins de souvenirs. Peu
de choses à trouver en vérité.
La journée se finira dans un bar de plage, à tester
le narguilé. Demain l'avion et le retour.
Les vacances sont finies.
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