Finlande - mars 2003

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Sommaire
15/03 - Arrivée - Ukonjärvi - Le lac Inari
16/03 - En route vers le nord - Sevettijärvi - Premier sauna
17/03 - Vers Sollomus - Chasse au lagopède
18/03 - Le lac sans fin - Opukasjärvi - La tempête
19/03
- Iisakkijärvi - La vue d'un "tunturi"
20/03 - Point de vue - Pêche au trou - Le retour du lagopède
21/03 - Inari - Musée Lapon - Ukonjärvi - Dernier sauna
22/03 - Helsinki - La gare - Le port - Les églises

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15 mars
Arrivée de nuit à Ukonjärvi, au bord du lac Inari. Nous sommes approximativement sur le 69e parallèle. Les bungalows qui nous abritent ont tout le confort scandinave, avec sauna incorporé, mais nous n'avons guère le temps d'en profiter. Une aurore boréale naissante salue notre arrivée en Finlande.
Ukonjärvi
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16 mars
Nous roulons vers le nord, sur une route recouverte de neige, au milieu des lacs gelés et des forêts de bouleaux et de pins sylvestres.
bateau le long du lac Inari

Nous traversons quelques maigres villages, et les hydravions ou les bateaux pris dans les glaces sont comme les témoins d'un combat provisoirement gagné par l'hiver sur les innombrables étendues d'eau.

Vers midi nous sommes arrivés à destination : Sevettijärvi.
Un déjeuner rapide et vient l'heure d'essayer les raquettes.
Après un minimum de réglage, nous voilà en route pour une première balade.

Raquettes au pied
Nous partons sur le lac gelé avant de suivre la piste qui traverse la forêt.Le relief est très réduit, et sous ce temps plutôt gris le paysage apparaît très homogène, presque monotone. Puis nous rejoignons le gîte, l'initiation terminée. Nous partons sur le lac gelé...
Roulades dans la neige Après goûter, et avant le dîner, vient l'heure d'essayer le sauna, élément indispensable au mode de vie finlandais.

Celui-ci est plutôt petit, d'une capacité de trois personnes, avec une antichambre pour se changer, et prendre une douche glacée pour se rafraîchir entre deux séances.
L'autre technique, expérimentée dès ce premier jour, est la roulade dans la neige.

N'en déplaise aux sceptiques, la chaleur emmagasinée dans le sauna rend l'exercice très supportable, et la sensation de bien-être qui s'en suit est incontestable.
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17 mars
Il est à peine 9h00, et nous avons déjà chaussé nos raquettes, prêts à partir.
Le ciel est bleu... Nous nous engageons sur une petite route enneigée où nous seront dépassés par quelques ski-doos, et une incontournable Peugeot.
Le ciel est bleu, démentant le vent et la neige qui ont salué notre réveil.
Le vert des pins sylvestres contraste sur une neige que le soleil et le ciel bleu ont rendue éclatante.
Le vert des pins sylvestres
Nous arrivons à une ferme, utilisée au printemps pour le parcage des rennes. De simples portiques où sont suspendues des cordes colorées marquent les entrées des enclos.
Nous rejoignons un lac gelé, où un petit vent transportant la neige crée comme une brume blanchâtre sur le ciel devenu couvert.
une brume blanchâtre
Sollomus Nous finissons par rejoindre un petit refuge, derrière un épaulement boisé : Sollomus, à l'abri duquel nous déjeunons.
Pour repartir, nous créons notre trace à travers bois.
La marche dans la neige fraîche est évidemment plus pénible, mais au bout de quelque temps nous sommes récompensés de notre effort par la vision d'un volatile blanc, qui s'éloigne en sautillant à notre approche.
C'est un lagopède, oiseau caractéristique de la région, qui ne se laisse pas approcher très facilement.
Sur les traces du lagopède Il nous faudra un bon moment pour rejoindre le chemin d'origine, un peu en aval de la ferme. À partir de là nous reprenons la route, qui nous semble interminable après les distances déjà parcourues.
De fait, il est prêt de 18h00 quand nous rejoignons le refuge : plutôt long pour une première journée, qui laissera quelques souvenirs sous forme d'ampoules ou de crampes à certains d'entre nous.
Le rituel du sauna, dans les mêmes conditions que la veille, nous apporte cependant son réconfort, et le repas à base de renne achève de nous ragaillardir.
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18 mars
Changement de gîte Nous replions nos affaires, aujourd'hui changement de gîte.
Nous reprenons le chemin emprunté l'avant-veille. Aujourd'hui pas d'escapade, nous nous contentons de suivre les pistes, la randonnée d'hier ayant eu pour effet d'épuiser une partie des énergies. suivre les pistes...
une caravane de ski-doos Sous un ciel un peu couvert, nous traversons la forêt pour déboucher sur un lac assez étroit, que nous suivons dans sa longueur, sur plusieurs kilomètres.
Une caravane de ski-doos s'arrête à notre hauteur, puis reprend sa route et s'éloigne.
Le paysage est toujours très plat, quelques collines peu marquées constituant l'horizon.
Nous sommes presque parvenus à l'extrémité du lac quand vient l'heure du déjeuner, qui est aussi pour certains l'occasion de soigner quelques ampoules. Quelques collines peu marquées...
Opukasjärvi La marche de l'après midi est relativement courte, et nous atteignons notre nouveau logis, Opukasjärvi : un abri principal, où une pièce unique sert de cuisine, de salle à manger et de dortoir ; une annexe offrant deux couchages supplémentaires sous forme de lits superposés ; un chalet assez vaste, contenant l'indispensable sauna ; un dernier bâtiment enfin, contenant la réserve de bois et les sanitaires. Le tout est très typique et s'avèrera très confortable.
Nous nous installons, et vient rapidement l'heure du sauna : la pièce est très vaste, presque démesurée, mais le poêle qui en assure le chauffage s'avère particulièrement efficace. En outre notre guide finlandais, qui nous y a rejoint, n'est pas avare d'eau versée sur les pierres brûlantes, et la chaleur devient vite considérable.
Le passage au froid s'avère un peu plus délicat : la neige est en partie gelée, et la roulade s'avère assez désagréable, allant jusqu'à provoquer de petites coupures. Nous nous contenterons par la suite de nous exposer au vent frais.
Le saumon du dîner remporte un succès massif, tandis qu'à l'extérieur souffle un vent violent, la queue d'une tempête qui provoquera quelques dégâts en Norvège.
Au moment du coucher, une mauvaise surprise : je dors dans l'annexe, et le poêle s'y est avéré redoutablement efficace. Il y règne une chaleur caniculaire, et il faudra attendre plusieurs heures avant d'envisager seulement d'entrer dans les duvets.
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19 mars
La neige a recouvert les branches Le vent s'est calmé, mais la température a sensiblement baissé.
Nous nous mettons en route pour gagner une petite forêt de bouleaux. Les paysages sont assez vallonnés, plutôt plus que les jours précédents. La neige a recouvert les branches de certains arbres, et la lumière du soleil filtre derrière les nuages, donnant des paysages étonnants.
La température a baissé...
Nous marchons une paire d'heure, jusqu'à atteindre un petit refuge appelé Iisakkijärvi. Iisakkijärvi
Une pièce unique, avec deux lits superposés, le vide qui les sépare pouvant être comblé à la hauteur des lits inférieurs pour offrir des couchages supplémentaires.
Le picnic désormais traditionnel suit de peu notre arrivée.
L'après-midi il est proposé, en alternative à la sieste, de gravir une petite colline ou " tunturi " située à proximité d'où le paysage est très dégagé.
À deux exceptions près nous choisissons l'escalade, et ne le regrettons pas : au fur et à mesure de notre ascension, bien légère au demeurant, la végétation devient plus éparse, avant de disparaître au profit de quelques rochers moussus, à peine recouverts par la neige.
Même si le temps est un peu couvert, la vue sur la plaine alentour est étonnante : à perte de vue des étendues de neige, parsemées de taches de végétation.
Le soleil déjà bas éclaire le tout d'une lumière blanche.
Vue du Tunturi
Nous rejoignons le refuge où nous dégustons un thé avant de prendre le chemin du retour.
L'après-midi se termine suivant la séquence désormais traditionnelle : goûter - sauna - dîner.
Une timide aurore boréale salue notre coucher.
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20 mars
La journée s'annonce superbe La journée s'annonce superbe : le soleil brille et le ciel bleu contraste sur le paysage blanc.
Objectif de la matinée : la colline que nous apercevons depuis notre refuge, que nous atteindrons après un assez long détour au travers de forêts de bouleaux, superbement éclairées par le soleil.
Nous traversons le lac
Dans les forêt de bouleaux En haut sur la colline Nous traversons le lac déjà emprunté le jour de notre arrivée pour engager l'ascension de la colline. Elle est là-encore très facile, et du sommet nous avons une vue assez générale de la région, même si le regard ne porte pas aussi loin que la veille.
Nous y sommes rejoint par un ski-doo, piloté d'une main de maître par notre guide scandinave, au travers de pentes que nous lui aurions crues inaccessibles.
Retour au refuge pour le déjeuner, par un chemin plus direct, avant de repartir pour une initiation à la pêche au trou.
Petit incident sur le chemin du lac : mes raquettes s'enfoncent soudain profondément, et je me rends compte que j'ai les pieds dans l'eau. Nous croyions être sur le lac, mais nous étions en fait au-dessus d'une petite rivière qui l'alimente. La glace y est beaucoup moins épaisse, et a cédé à mon passage. Heureusement l'eau est peu profonde, et j'en suis simplement quitte pour aller changer de chaussettes.
percement de la glace Je rejoins le groupe qui a entrepris un premier forage à la tarière, qui a débouché… sur de la terre ! Du coup la pointe est émoussée, et le percement de la glace s'avèrera ensuite assez difficile ! Nous finissons par réaliser trois trous, d'une quinzaine de centimètres de diamètre, dans une épaisseur cumulée de neige et de glace de l'ordre de 1 mètre. Une ligne y est plongée, un ver pour le moins engourdi par le froid ayant été accroché à l'hameçon. un ver pour le moins engourdi Une ligne y est plongée...
Les poissons étant probablement dans le même état léthargique, l'engourdissement gagne aussi rapidement les pêcheurs, qui finissent par regagner le refuge !
Dans l'intervalle le reste du groupe s'est éloigné dans les collines avoisinantes, pour traquer le lagopède. Une vision aussi fugitive que tardive finira par récompenser nos efforts !
Sur les traces du lagopède (bis)
Enfin c'est le retour au gîte, son sauna et surtout, pour ce soir, le renne qui sera la base de notre dernier dîner à Opukasjärvi.
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21 mars
Réveil en forme de branle-bas de combat, pour replier les sacs, prendre le petit déjeuner, et ranger le chalet, le tout avant 8h30, heure prévue pour notre départ.
Pari tenu, et nous sommes en marche.
L'air est vif... L'air est vif, et la cagoule ou le masque ne sont pas superflus.
Nous marchons un moment parmi les bouleaux, avant de rejoindre le lac très allongé qui nous avait semblé interminable à l'aller. Quelques poses, marquées comme toujours par un peu de thé chaud et des barres énergétiques, et nous arrivons à un carrefour. La route que nous venons d'atteindre est paraît-il goudronnée, mais la neige qui la recouvre la rend semblable à une piste de ski-doo. Nous la prenons sur notre gauche.
Au bout de quelque temps nous atteignons la nationale, au bord de laquelle nous attend notre guide finlandais, avec le véhicule qui va nous ramener à Inari.
Il est midi et nous avons définitivement enlevé nos raquettes.
Un déjeuner rapide et nous prenons la route.
Après quelque temps où nous somnolons plus ou moins, nous atteignons Inari, où nous devons visiter le musée lapon.
nous atteignons la nationale...

C'est un musée moderne d'aspect, très scandinave d'atmosphère, qui présente les différents aspects de la région suivant les saisons, sa faune ou son histoire. On y fait des découvertes étonnantes, comme ce glouton naturalisé nourrissant ses petits.
Passage rapide à Ukonjärvi pour y déposer la remorque et nos sacs, et nous repartons pour Ivalo, pour les indispensables courses avant le départ : magasin de souvenir et supermarchés, chaussons lapons fourrés et confiture d'airelle.

De retour à Ukonjärvi, le dernier sauna de notre séjour finlandais présente une particularité : un trou creusé dans la glace, qui doit nous permettre, après un parcours d'une longueur appréciable sur un ponton, de nous plonger dans l'eau glacée en guise de rafraîchissement. Impressionnant sans doute, mais là encore, sous réserve de ne pas trop traîner en route, l'immersion est relativement facile. Surtout la sensation de fraîcheur qui perdure quand on regagne le sauna est particulièrement agréable.

un trou creusé dans la glace...

L'essayer c'est l'adopter : j'y retournerai personnellement trois fois !
Quelques rasades de bière et notre dernier dîner : le départ est pour demain matin.

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22 mars
La gare L'escale à Helsinki nous laisse suffisamment de temps pour quitter l'aéroport et visiter la ville.
À sept nous nous engouffrons dans un taxi collectif qui nous emmène à la gare centrale. Au passage nous apercevons l'opéra et le centre des congrès, dans une ville plutôt géométrique. La gare n'échappe pas à cette tendance, bâtiment massif et sculptures stylisées en façade.
Après un déjeuner-kebab, pour le moins revigorant à défaut d'être typique, nous nous lançons dans les rues de la ville, sous un froid vif.
Runebergin esplanadi Nous nous retrouvons dans une artère assez large et plantée, probablement très agréable en été, qui mène directement au port. Pour l'instant celui-ci est gelé : les bateaux qui assurent la liaison avec Tallin, toute proche, ou la Suède, sont pris dans la glace, qui présente une surface assez tourmentée. Le port d'Helsinki
Eglise Nous nous dirigeons vers une première église qui domine le port, que nous ne faisons qu'apercevoir pour cause de célébration.
Nous retournons vers le centre, par une avenue qui porte de nom du Tsar Alexandre II, souvenir du temps où la Finlande était une province de l'empire russe. Sa statue domine la place en contrebas de la cathédrale, dont la masse claire domine la ville.
Cathédrale
Nous rejoignons finalement la gare. Le taxi, l'aéroport, l'avion et au revoir la Finlande !
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© Bernard Cathelain 2003