15 mars
Arrivée de nuit à Ukonjärvi, au bord du lac Inari.
Nous sommes approximativement sur le 69e parallèle. Les bungalows
qui nous abritent ont tout le confort scandinave, avec sauna incorporé,
mais nous n'avons guère le temps d'en profiter. Une aurore boréale
naissante salue notre arrivée en Finlande. |
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| Nous roulons vers le nord, sur
une route recouverte de neige, au milieu des lacs gelés et des forêts
de bouleaux et de pins sylvestres. |
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Nous traversons quelques maigres villages, et les hydravions
ou les bateaux pris dans les glaces sont comme les témoins d'un
combat provisoirement gagné par l'hiver sur les innombrables étendues
d'eau.
Vers midi nous sommes arrivés à destination
: Sevettijärvi.
Un déjeuner rapide et vient l'heure d'essayer les raquettes.
Après un minimum de réglage, nous voilà en route pour une première
balade.
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| Nous partons sur le lac gelé avant de suivre la piste
qui traverse la forêt.Le relief est très réduit, et sous ce temps
plutôt gris le paysage apparaît très homogène, presque monotone. Puis
nous rejoignons le gîte, l'initiation terminée. |
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Après goûter, et avant le dîner, vient l'heure
d'essayer le sauna, élément indispensable au mode de vie finlandais.
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Celui-ci est plutôt petit, d'une capacité de trois personnes,
avec une antichambre pour se changer, et prendre une douche glacée
pour se rafraîchir entre deux séances.
L'autre technique, expérimentée dès ce premier jour, est
la roulade dans la neige.
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| N'en déplaise aux sceptiques, la chaleur emmagasinée dans le
sauna rend l'exercice très supportable, et la sensation de bien-être
qui s'en suit est incontestable. |
| Retour
au début |
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| 17 mars |
| Il est à peine 9h00, et nous avons déjà chaussé nos raquettes,
prêts à partir. |
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Nous nous engageons sur une petite route enneigée où nous seront
dépassés par quelques ski-doos, et une incontournable Peugeot.
Le ciel est bleu, démentant le vent et la neige qui ont salué notre
réveil.
Le vert des pins sylvestres contraste sur une neige que le soleil
et le ciel bleu ont rendue éclatante. |
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Nous
arrivons à une ferme, utilisée au printemps pour le parcage des rennes.
De simples portiques où sont suspendues des cordes colorées marquent
les entrées des enclos.
Nous rejoignons un lac gelé, où un petit vent transportant la neige
crée comme une brume blanchâtre sur le ciel devenu couvert. |
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Nous finissons par rejoindre un petit
refuge, derrière un épaulement boisé : Sollomus, à l'abri duquel nous
déjeunons. |
Pour repartir, nous créons notre trace à travers
bois.
La marche dans la neige fraîche est évidemment
plus pénible, mais au bout de quelque temps nous sommes récompensés
de notre effort par la vision d'un volatile blanc, qui s'éloigne en
sautillant à notre approche. |
| C'est un lagopède,
oiseau caractéristique de la région, qui ne se laisse pas approcher
très facilement. |
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Il nous faudra un bon moment pour rejoindre le chemin d'origine,
un peu en aval de la ferme. À partir de là nous reprenons la route,
qui nous semble interminable après les distances déjà parcourues.
De fait, il est prêt de 18h00 quand nous rejoignons le refuge : plutôt
long pour une première journée, qui laissera quelques souvenirs sous
forme d'ampoules ou de crampes à certains d'entre nous. |
| Le rituel du sauna, dans les mêmes conditions que
la veille, nous apporte cependant son réconfort, et le repas à base
de renne achève de nous ragaillardir. |
| Retour
au début |
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Nous replions nos affaires, aujourd'hui changement
de gîte. |
| Nous reprenons le chemin emprunté l'avant-veille. Aujourd'hui
pas d'escapade, nous nous contentons de suivre les pistes, la randonnée
d'hier ayant eu pour effet d'épuiser une partie des énergies. |
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Sous un ciel un peu couvert, nous traversons
la forêt pour déboucher sur un lac assez étroit, que nous suivons
dans sa longueur, sur plusieurs kilomètres. |
Une caravane de ski-doos s'arrête à
notre hauteur, puis reprend sa route et s'éloigne.
Le paysage est toujours très plat, quelques collines peu marquées
constituant l'horizon. |
| Nous sommes presque parvenus à l'extrémité du lac
quand vient l'heure du déjeuner, qui est aussi pour certains l'occasion
de soigner quelques ampoules. |
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La marche de l'après midi est relativement
courte, et nous atteignons notre nouveau logis, Opukasjärvi : un abri
principal, où une pièce unique sert de cuisine, de salle à manger
et de dortoir ; une annexe offrant deux couchages supplémentaires
sous forme de lits superposés ; un chalet assez vaste, contenant l'indispensable
sauna ; un dernier bâtiment enfin, contenant la réserve de bois et
les sanitaires. Le tout est très typique et s'avèrera très confortable.
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Nous nous installons, et vient rapidement l'heure du sauna :
la pièce est très vaste, presque démesurée, mais le poêle qui en assure
le chauffage s'avère particulièrement efficace. En outre notre guide
finlandais, qui nous y a rejoint, n'est pas avare d'eau versée sur
les pierres brûlantes, et la chaleur devient vite considérable.
Le passage au froid s'avère un peu plus délicat : la neige est en
partie gelée, et la roulade s'avère assez désagréable, allant jusqu'à
provoquer de petites coupures. Nous nous contenterons par la suite
de nous exposer au vent frais.
Le saumon du dîner remporte un succès massif,
tandis qu'à l'extérieur souffle un vent violent, la queue d'une tempête
qui provoquera quelques dégâts en Norvège.
Au moment du coucher, une mauvaise surprise : je dors dans l'annexe,
et le poêle s'y est avéré redoutablement efficace. Il y règne une
chaleur caniculaire, et il faudra attendre plusieurs heures avant
d'envisager seulement d'entrer dans les duvets. |
| Retour
au début |
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Le vent s'est calmé, mais la température a sensiblement baissé.
Nous nous mettons en route pour gagner une petite forêt de bouleaux.
Les paysages sont assez vallonnés, plutôt plus que les jours précédents.
La neige a recouvert les branches de certains arbres, et la lumière
du soleil filtre derrière les nuages, donnant des paysages étonnants. |
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| Nous marchons une paire d'heure, jusqu'à
atteindre un petit refuge appelé Iisakkijärvi. |
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Une pièce unique, avec deux lits superposés,
le vide qui les sépare pouvant être comblé à la hauteur des lits inférieurs
pour offrir des couchages supplémentaires.
Le picnic désormais traditionnel suit de peu notre arrivée. |
L'après-midi il est proposé, en alternative
à la sieste, de gravir une petite colline ou " tunturi " située à
proximité d'où le paysage est très dégagé.
À deux exceptions près nous choisissons l'escalade, et ne le regrettons
pas : au fur et à mesure de notre ascension, bien légère au demeurant,
la végétation devient plus éparse, avant de disparaître au profit
de quelques rochers moussus, à peine recouverts par la neige. |
Même si le temps est un peu couvert, la vue sur la
plaine alentour est étonnante : à perte de vue des étendues de neige,
parsemées de taches de végétation.
Le soleil déjà bas éclaire le tout d'une lumière blanche. |
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Nous rejoignons le refuge où nous dégustons un thé avant de prendre
le chemin du retour.
L'après-midi se termine suivant la séquence désormais traditionnelle
: goûter - sauna - dîner.
Une timide aurore boréale salue notre coucher. |
| Retour
au début |
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La journée s'annonce superbe : le soleil brille et le ciel bleu
contraste sur le paysage blanc.
Objectif de la matinée : la colline que nous apercevons depuis notre
refuge, que nous atteindrons après un assez long détour au travers
de forêts de bouleaux, superbement éclairées par le soleil. |
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Nous traversons le
lac déjà emprunté le jour de notre arrivée pour engager l'ascension
de la colline. Elle est là-encore très facile, et du sommet nous avons
une vue assez générale de la région, même si le regard ne porte pas
aussi loin que la veille.
Nous y sommes rejoint par un ski-doo, piloté d'une main de maître
par notre guide scandinave, au travers de pentes que nous lui aurions
crues inaccessibles. |
Retour au refuge pour le déjeuner, par un
chemin plus direct, avant de repartir pour une initiation à la pêche
au trou.
Petit incident sur le chemin du lac : mes raquettes s'enfoncent soudain
profondément, et je me rends compte que j'ai les pieds dans l'eau.
Nous croyions être sur le lac, mais nous étions en fait au-dessus
d'une petite rivière qui l'alimente. La glace y est beaucoup moins
épaisse, et a cédé à mon passage. Heureusement l'eau est peu profonde,
et j'en suis simplement quitte pour aller changer de chaussettes.
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Je rejoins le groupe qui a entrepris un premier forage à la tarière,
qui a débouché… sur de la terre ! Du coup la pointe est émoussée,
et le percement de la glace s'avèrera ensuite assez difficile ! Nous
finissons par réaliser trois trous, d'une quinzaine de centimètres
de diamètre, dans une épaisseur cumulée de neige et de glace de l'ordre
de 1 mètre. Une ligne y est plongée, un ver pour le moins engourdi
par le froid ayant été accroché à l'hameçon. |
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Les poissons étant probablement dans
le même état léthargique, l'engourdissement gagne aussi rapidement
les pêcheurs, qui finissent par regagner le refuge !
Dans l'intervalle le reste du groupe s'est éloigné
dans les collines avoisinantes, pour traquer le lagopède. Une vision
aussi fugitive que tardive finira par récompenser nos efforts !
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| Enfin c'est le retour au gîte, son sauna et surtout, pour ce
soir, le renne qui sera la base de notre dernier dîner à Opukasjärvi.
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| Retour
au début |
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| 21 mars |
Réveil en forme de branle-bas de combat, pour replier les sacs,
prendre le petit déjeuner, et ranger le chalet, le tout avant 8h30,
heure prévue pour notre départ.
Pari tenu, et nous sommes en marche. |
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L'air est vif, et la cagoule ou le masque ne sont pas superflus.
Nous marchons un moment parmi les bouleaux, avant de rejoindre le
lac très allongé qui nous avait semblé interminable à l'aller. Quelques
poses, marquées comme toujours par un peu de thé chaud et des barres
énergétiques, et nous arrivons à un carrefour. La route que nous venons
d'atteindre est paraît-il goudronnée, mais la neige qui la recouvre
la rend semblable à une piste de ski-doo. Nous la prenons sur notre
gauche. |
Au bout de quelque temps nous atteignons la nationale,
au bord de laquelle nous attend notre guide finlandais, avec le véhicule
qui va nous ramener à Inari.
Il est midi et nous avons définitivement enlevé nos raquettes.
Un déjeuner rapide et nous prenons la route.
Après quelque temps où nous somnolons plus ou
moins, nous atteignons Inari, où nous devons visiter le musée
lapon. |
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C'est un musée
moderne d'aspect, très scandinave d'atmosphère, qui présente les
différents aspects de la région suivant les saisons, sa faune ou
son histoire. On y fait des découvertes étonnantes, comme ce glouton
naturalisé nourrissant ses petits.
Passage rapide à Ukonjärvi pour y déposer la remorque et
nos sacs, et nous repartons pour Ivalo, pour les indispensables
courses avant le départ : magasin de souvenir et supermarchés, chaussons
lapons fourrés et confiture d'airelle.
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De retour à Ukonjärvi,
le dernier sauna de notre séjour finlandais présente une particularité
: un trou creusé dans la glace, qui doit nous permettre, après un
parcours d'une longueur appréciable sur un ponton, de nous plonger
dans l'eau glacée en guise de rafraîchissement. Impressionnant sans
doute, mais là encore, sous réserve de ne pas trop traîner en route,
l'immersion est relativement facile. Surtout la sensation de fraîcheur
qui perdure quand on regagne le sauna est particulièrement agréable.
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L'essayer c'est l'adopter : j'y retournerai personnellement
trois fois !
Quelques rasades de bière et notre dernier dîner : le départ
est pour demain matin.
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| Retour
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L'escale à Helsinki nous laisse suffisamment
de temps pour quitter l'aéroport et visiter la ville.
À sept nous nous engouffrons dans un taxi collectif qui nous emmène
à la gare centrale. Au passage nous apercevons
l'opéra et le centre des congrès, dans une ville plutôt géométrique.
La gare n'échappe pas à cette tendance, bâtiment massif et sculptures
stylisées en façade. |
| Après
un déjeuner-kebab, pour le moins revigorant à défaut d'être typique,
nous nous lançons dans les rues de la ville, sous un froid vif.
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Nous nous retrouvons dans une artère assez
large et plantée, probablement très agréable en été, qui mène directement
au port. Pour l'instant celui-ci est gelé : les bateaux qui assurent
la liaison avec Tallin, toute proche, ou la Suède, sont pris dans
la glace, qui présente une surface assez tourmentée. |
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Nous nous dirigeons vers une première église
qui domine le port, que nous ne faisons qu'apercevoir pour cause de
célébration.
Nous retournons vers le centre, par une avenue qui porte de nom du
Tsar Alexandre II, souvenir du temps où la Finlande était une province
de l'empire russe. Sa statue domine la place en contrebas de la cathédrale,
dont la masse claire domine la ville. |
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| Nous rejoignons finalement la gare. Le taxi, l'aéroport,
l'avion et au revoir la Finlande ! |
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Marie-Catherine
Delfolie Karine Arnette Valerie Seaume Geraldine Sourdot Delphine
Guedon Jean-Marie Fraygefond Vincent Bach Fabrice Aumeunier Michele
Lemu
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