Bulgarie - septembre 2003

Sommaire

31/08 - Sofia - Sanatorium
01/09 - Vitosha - Samokov
02/09 - Moussala - Lédéno ézéro
03/09 - Borovets
04/09 - Parc de Rila - Strachno ézéro
05/09 - Crêtes de Rila
06/09 - Les 7 lacs - Monastère de Rila



07/09 - Pirin - Yavorov
08/09 - Mont Vihren - Bansko
09/09 - Kavachevitsa - Bansko
10/09 - Refuge du Pirin
11/09 - Monastère de Rojen - Melnik
12/09 - Melnik - Sofia
13/09 - Sofia

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Bulgarie

vers le site de Terdav

Ecoutez l'hymne national bulgare



31 août

Musée national historique

Sofia : vision d'une ville un peu stalinienne, avec ses barres d'immeubles, ses grandes avenues au revêtement vieillissant, le terre-plein central parfois occupé par un Tramway.
Si vieille ville il y a, nous ne la verrons pas aujourd'hui : nous allons directement de l'aéroport au musée historique national, vaste bâtiment du communisme triomphant, converti dans les années 90.

Vers le site du musée national historique

Là où les dignitaires du régime tenaient leurs congrès, sont maintenant exposés 5 ou 6 millénaires d'histoire, qu'une guide trop prolixe nous fait découvrir jusqu'à plus soif.
L'or des Thraces se mélange aux délices de l'empire Ottoman.
Vers le site du musée national historiqueVers le site du musée national historique
La chaleur est accablante, et il nous tarde de gagner notre hôtel.
 

Celui-ci est situé dans les hauteurs de Sofia, dans les contreforts du mont Vitosha qui domine la ville de ses 2000 m. Isolé au milieu des bois, son allure ne trompe pas : nous sommes dans un ancien sanatorium de l'avant-guerre.

Dans une brève promenade autour de l'hôtel, en attendant le dîner, la rencontre de trois chiens me vaut une manche déchirée et une marque à l'avant-bras : premier contact un peu rude avec la Bulgarie !

Ex sanatorium de Vladaya
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1er septembre

Nous avons rejoint en bus notre point de départ. Le sentier n’est tout d’abord pas passionnant : une forêt peu entretenue, avec beaucoup de végétation basse. Nous sommes à l’ombre et il fait plutôt frais.
...des pentes assez vertes Mais bientôt la forêt laisse la place à des pentes assez vertes, ponctuées de gros rochers. Le ciel est franchement bleu, créant un effet de contraste.
L’absence de végétation haute permet de vaste dégagement sur Sofia, bien perceptible malgré un léger voile de brume.
Le sentier est assez raide.
Sofia
Après une petite source, autour de laquelle ont été aménagés des bancs, nous arrivons à un vaste plateau tourbeux, transformé en réserve naturelle.
Nous nous contentons de le longer. Face à nous, au fond du plateau, le mont Vitosha et son observatoire.
Remontées mécaniques L’hiver, la région constitue la station de ski de Sofia.
Nous croisons plusieurs remontées mécaniques, et un gigantesque complexe hôtelier à l’abandon, vestige de l’époque communiste.
Un peu plus loin un autre hôtel, plus petit et encore actif, auprès duquel nous faisons la pause.
Hôtel à Vitosha
Nous commençons à redescendre. De temps à autre le sentier, forestier, est interrompu par de véritables rivières de pierres, torrents asséchés que franchissent de petites passerelles en bois.
Les épineux dominent, et c’est dans l’odeur des sapins que nous arrivons au lieu du déjeuner : des tables de bois aménagées près d’un petit torrent.
rivière de pierre
Il est près de 14h00, et l’appétit est bien aiguisé, alors que nous faisons connaissance avec notre première salade bulgare, et ses incontournables poivrons.
Le chemin n’est plus très long pour ce qui n’a été qu’une mise en jambe.
Mosquée de Samokov Nous retrouvons le bus, et nous prenons la route pour Samokov, notre étape du soir.
Deux visites y sont au programme : d’abord une ancienne mosquée, délaissée au départ des Turcs.
Mosquée (intérieur)Mosquée (détail)
Elle n’est pas très ancienne, mais ses peintures délicates lui donnent un charme certain. La montée au minaret au travers d’un escalier étroit et poussiéreux, permet quelques vues sur la ville et les montagnes alentours.
Vient ensuite une maison « Renaissance », entendre Renaissance Bulgare, c’est-à-dire XIXe siècle. Elle est richement décorée, avec un mobilier d’inspiration ottomane. Les plafonds, en particulier, attirent notre attention.
Maison "Renaissance" Plafonds de la maison "Renaissance" Puis c’est le marché, et les provisions pour les prochains jours : en particulier des fruits et légumes en quantités impressionnantes.
Nous voici à l’hôtel et son patio, où il fait bon faire connaissance avec la bière bulgare, kamenitza ou zagorka.
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2 septembre

Le réveil n’est guère matinal.
Les victuailles achetées la veille trônent sur une table, et nous passons un temps non négligeable à nous les répartir, dans une organisation qui n’a rien de prussienne ! Il est assez tard quand nous partons, mais la pluie fine qui tombait à notre réveil a ainsi eu le temps de se calmer.
Après un bref transfert en bus, nous prenons nos sacs à dos et commençons la marche, sous un temps couvert. Nous avons nos affaires pour 2 jours : ce soir nous dormons dans un refuge au pied du mont Moussala, 2925 m, point culminant des Balkans.

au travers des nuages... La pente est régulière, et le sentier assez facile.
Au travers des nuages, nous apercevons des montagnes relativement escarpées, et le Moussala apparaît assez vite à l’horizon.
Nous avons une sérieuse montée à faire pour atteindre le sommet, puisque nous sommes partis sous les 1400 m. un petit refuge auprès d'un lac
Il fait frais, avec un petit vent, et quand vient l’heure du déjeuner nous nous abritons dans un petit refuge auprès d’un lac, où une bonne soupe chaude vient compléter la salade qui constitue notre menu.
Nous repartons Avec la digestion, la sensation de froid est encore plus forte quand nous repartons, mais l’allure est vive, et nous nous réchauffons rapidement.
Nous arrivons en peu de temps au refuge où nous allons passer la nuit : Lédéno Ezéro.
C’est une grande bâtisse en bois, aux formes triangulaires et au toit de tôle. Au rez-de-chaussée une salle à manger assez cosy et la cuisine, tenue par les gardiens ; au premier le dortoir avec une trentaine de places.
Pour l’instant il n’est pas l’heure de dormir. Nous posons les affaires non indispensables, et reprenons l’ascension vers le sommet.
Nous reprenons l'ascension... La pente est rocailleuse, assez rude, mais nous n’avons plus guère que 200 m à gravir et la distance est assez rapidement franchie.
Au sommet, des bâtiments des années 30, observatoire et station météo, pour le moins disgracieux. Ils nous servent cependant d’abri, la pluie accompagnée d’une petite grêle ayant accompagné nos derniers pas. Sommet du Moussala
couronné par un arc-en-ciel... Heureusement cela ne dure pas, et les nuages qui s’écartent, découvrant les montagnes et les lacs alentour, au milieu des rochers glaciaires, le tout couronné par un arc-en-ciel, nous offrent un paysage des plus plaisants.
Nous redescendons et regagnons le refuge.
La fin de l’après-midi est occupée par une toilette en extérieur quelque peu sommaire, vu le temps et la température de l’eau, en attendant un dîner des plus copieux, alors que dehors l’orage s’installe.
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3 septembre

 
Le vent a soufflé toute la nuit, et dehors il pleut.
Nous renonçons à la route des crêtes, que le vent et le froid rendraient inconfortable et probablement sans intérêt, pour un chemin un peu plus à l’abri, dans la montagne.
Comme nous nous mettons en route la pluie se calme cependant, et des petits coins de ciel bleu laissent espérer une amélioration.
petits coins de ciel bleu
buissons de pins endémiques Nous redescendons le chemin de la veille, jusqu’au refuge où nous avons déjeuné,
puis nous prenons un petit chemin à flanc de coteau, qui se dirige vers une sorte de col.
Nous sommes au milieu de pins endémiques, qui, à cette altitude, prennent l’allure de buissons. Quelques cèpes poussent à leur pied, et Rossen, notre guide, se lance dans la récolte.
La récolte des cèpes

Il en aura un plein sac en fin de journée.

Au col nous prenons un chemin sur la droite.

Le soleil ne s’est pas franchement levé, et la végétation est très humide : comme le sentier est étroit, nous avons assez vite les jambes bien mouillées.
Les pins grandissent avec l’altitude qui diminuent, et le petit sentier devient chemin forestier.
Un peu en dessous des 2000 m nous atteignons un refuge, dont la véranda nous sert d’abri pour le déjeuner.
Maison forestière

Nous l’apprécions, car le brouillard est tombé et nous devons repartir sous un plafond particulièrement bas.
La descente serait facile, si ce n’était la température franchement en baisse, et la pluie fine qui s’est mêlée au brouillard.
Le chemin est ponctué de maisons forestières, aux élégants murs de bois.

Au milieu de l’après-midi nous finissons par apercevoir un ensemble de bâtisses, manifestement une station de ski. C’est Borovets, où le bus vient nous récupérer.
Nous sommes partis pour une petite heure de route.
Nous rejoignons, au milieu des bois, l’hôtel qui nous accueille pour les deux prochains jours, simple mais flambant neuf.
Borovets
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4 septembre

Entrée du parc

Ce matin le temps semble se dégager.

Nous partons directement du refuge. Même si le ciel est franchement bleu, le fond de l’air est frais, au point que nous faisons de la buée en parlant.
Nous entrons dans le Parc National du Rila, en suivant un petit sentier

en suivant un petit sentier
dans la forêt qui nous conduit, au bout d’une heure environ, à un refuge situé vers les 2000 m.
À partir de là nous prenons sur notre gauche un chemin qui grimpe, au travers des éboulis. Il y a maintenant quelques nuages, qui donnent une désagréable sensation de froid quand ils masquent le soleil.
Le chemin monte assez rapidement. Nous gravissons des crêtes successives, en nous imaginant voir le lac, destination du jour, derrière chacune d’entre elles.
Dans la montée
Vers le Strachno Ezero

Finalement le voici, à l’heure du déjeuner, le Strachno Ezéro, à 2500 m d’altitude environ.
Il est bien joli, perdu au milieu des montagnes, dominé par un petit refuge.
Nous déjeunons sur ses bords, en cherchant à nous mettre à l’abri du vent.

Puis nous repartons.

Un second lac Le chemin du retour est en descente assez raide, à l’image de la montée.
Après quelque temps nous atteignons un second lac, à l’abri de la montagne, avec une grande prairie où nous nous allongeons un moment, profitant du soleil.
Une grande prairie
Dans la forêt Le retour des nuages nous fait repartir, dans un paysage ponctué de sapins, assez rocailleux.

Plus bas nous longeons un secteur qui a manifestement brûlé il y a quelque temps mais où la végétation commence à reprendre le dessus.
Puis nous sommes dans la forêt, après le franchissement d’un petit coteau : nous approchons de notre hôtel.

bar de montagne
Avant de le rejoindre nous atterrissons dans un bar de montagne, nouvelle occasion de tester la bière locale.
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5 septembre

Le ciel est d’un bleu éclatant, bon augure pour une journée qui s’annonce longue.
Nous chargeons nos bagages dans le bus et prenons notre sac à dos avec les affaires des deux prochains jours : ce soir nouvelle nuit en refuge.
Nous partons directement à pied, par un petit chemin qui descend un bon moment dans la forêt, avant de finir en plat.

Mais cela ne dure pas.
Nous devons rejoindre la route des crêtes, et nous nous engageons sur un chemin particulièrement raide, sur l’arrête d’un massif boisé.
Nous montons à un rythme soutenu, jusqu’à sortir de la forêt à un peu plus de 2000 m.
Nous sommes sur un vaste plateau incliné.
Sur notre gauche des rochers très abrupts qui dominent une profonde vallée.
sortir de la forêt
un troupeau de chevaux À droite, un peu en contrebas sur le plateau, un troupeau de chevaux aux robes multicolores.
Malheureusement le beau ciel bleu du matin a rendu les armes, et nous sommes maintenant sous une épaisse couche de nuages. À nouveau le vent, et une température qui a sensiblement fraîchie. la crête
Nous suivons le plateau dans sa pente principale, assez soutenue.
Il se réduit progressivement en largeur, jusqu’à constituer une crête que nous suivons vers son sommet.
un paysage glaciaire Nous l’atteignons un peu après midi. Nous sommes à 2600 m.
Au loin les montagnes aperçues la veille. À droite un paysage glaciaire, de rochers et de petits lacs qui ont donné leur nom à la région : la région des Sept Lacs.
C’est dans cette direction que nous commençons la descente. Le froid est vif – le thermomètre indique 2°C.
un paysage glaciaire
Après une bonne descente dans les rochers, nous nous retrouvons auprès d’un petit lac, alimenté par un ruisseau qui forme de nombreux méandres. C’est là que nous nous installons pour déjeuner. À côté de la traditionnelle salade, le café de la thermos et une gorgée de Rakia sont les bienvenus pour nous réchauffer.
petit lac Nous repartons. Sur le chemin de l’eau prise en glace témoigne de la température.
De nouveau de petits lacs, et au fond un bâtiment de type chalet, sur 4 ou 5 étages, notre refuge du soir.
Nous avons décrit un grand arc de cercle et la plaine où paissaient les chevaux est maintenant au-dessus de nous, sur notre droite.
une sorte d'hôtel
Le refuge s’avère être en fait une sorte d’hôtel, destination manifestement appréciée par de nombreux Bulgares pour y passer le week-end.
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6 septembre

le refuge des 7 lacs

Cette fois-ci le ciel est franchement bleu, sans réelle menace. Nous avons opté par la route des crêtes : le sentier s’élève d’abord sur une pente, piste de ski en hiver.
Puis il grimpe dans la montagne, nous faisant découvrir chacun des lacs les uns après les autres, jusqu’à une vision d’ensemble au sommet.

piste de ski en hiver
une vision d'ensemble

Leurs noms sont évocateurs : au plus près du refuge, le lac d’En Bas, du fait de son altitude.
Puis déjà longé hier, le lac aux Poissons, qui paraît-il y pullulent, et le lac des Jumeaux, la partie centrale resserrée jusqu’à ne former qu’un étroit bras d’eau.
Viennent ensuite successivement, ainsi nommés par leur forme, le lac du Trèfle, le lac du Rognon, probablement le plus beau, l’Œil et la Larme.

lac du Rognon

Le ciel sans nuage donne une couleur bleu profond à l’eau, et les lacs se détachent dans un paysage de prés et de rochers.

D’en haut nous identifions les points où nous sommes passés la veille et l’avant-veille.

Œil Les Jumeaux
cavaliers Nous continuons à monter, jusqu’à rejoindre un vaste plateau, suivi de collines recouvertes de hautes herbes.
Nous croisons un troupeau de mouton avec son vieux berger. Les chiens arborent des colliers métalliques aux pointes hérissées impressionnantes, dont l’objectif est de les protéger des loups qui voudraient les égorger !
Plus haut encore, d’autres troupeaux, accompagnés par des cavaliers.
Les prairies se terminent en vallées profondes et boisées.
Le paysage est grandiose, et nous déjeunons avec mille mètres de pente à nos pieds. Devant nous quelques montagnes marquent la frontière avec la Macédoine.
Nous repartons jusqu’à atteindre une sorte de col, mais nous ne sommes pas au bout de nos peines : nous sommes montés à 2600 m, mais il nous faut redescendre au monastère de Rila, notre destination du soir, à 1100 m d’altitude environ.
vallées profondes et boisées
La descente est longtemps relativement raide, par un chemin assez étroit, au milieu des hautes herbes.
Puis vient la forêt, d’abord peu épaisse, puis de plus en plus profonde. Avant de nous y engager vraiment nous avons pu apercevoir, dans le fond de la vallée, le toit du monastère.

Enfin voici Rila.
Rila - l'église L’ensemble est simplement splendide : autour d’une petite église, avec ses coupoles, les bâtiments conventuels, développés sur 4 niveaux.
Les coursives en bois, rehaussées par quelques avancées, dominent le parvis, reliées par des jeux d’escaliers.
La couleur sombre du bois tranche avec le clair des murs, ponctués de sobres décorations.
L’ensemble est majestueux, apaisant, et dégage une grande harmonie.
L’église elle même est largement pourvue de dorures, entourant les icônes traditionnelles au rite orthodoxe. coursives coursives
Fresque du déambulatoire Autour de l’église, un déambulatoire recouvert de fresques, plafonds compris, aux couleurs vives et claires.
Nous restons dans ce lieu magique un bon moment, déambulant dans les coursives ou dans la cour.
Nous rejoignons enfin notre hôtel, une nouvelle visite du monastère étant prévue le lendemain matin.
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7 septembre

Dimanche oblige, la journée s’annonce calme.
Nous retournons d’abord au monastère pour une visite commentée.
de gigantesques écailles Nous revoyons avec plaisir les lieux visités la veille, et découvrons des richesses nouvelles, comme ces cuisines, avec leur cheminée d’évacuation des fumées, qu’on croirait recouverte de gigantesques écailles.
Nous pénétrons dans l’église, où les visiteurs se mélangent aux fidèles. Près du cœur un pope est en train d’officier, et d’autres pratiquants se prosternent sur des reliquaires, à gauche de la nef, à l’opposé de la chapelle qui abrite le cénotaphe du Tsar Boris III, mort à son retour d’Allemagne, assassiné par Hitler dit-on. Une croix de buis
Nous nous dirigeons ensuite vers le musée, qui abrite une quantité d’objet de culte. Le plus intéressant est une croix de buis sculptée. On y distingue des centaines de personnages, travail de fourmi que son auteur, un des moines, mit 12 ans à réaliser, de 1790 à 1802. Selon la légende, il devint aveugle à la fin.
Nous quittons Rila et rejoignons l’hôtel. Nous avons un long transfert en bus jusqu’au massif du Pirin.
Nous nous arrêtons en route dans une auberge pour déjeuner. Il fait chaud, et c’est avec plaisir que nous nous installons dehors dans une sorte de jardin.
Puis la route reprend, autoroute par moment, avant de bifurquer vers des routes plus étroites qui nous emmènent vers un massif important. Le bus nous dépose dans une petite clairière, et nous sommes partis pour 5 à 600 m d’ascension, jusqu’au refuge du soir.
La distance est courte, et nous la parcourons à vive allure.
Une heure après nous y sommes, à nouveau une sorte de clairière avec des petites maisons, pour certaines abandonnées : Yavorov.
Le refuge est un peu plus loin.
Une fois de plus son confort est surprenant : chambre double, avec salle d’eau privative, eau chaude, serviette et draps fournis par la maison !
Yavorov
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8 septembre

Nous sommes partis relativement tôt, 8h00 à peine passées.
des rochers mélangés d'arbustes Le sentier monte d’abord doucement dans la forêt. Puis celle-ci laisse la place, vers 2000 m, à des rochers mélangés d’arbustes.
Le ciel, très bleu ce matin, reste dégagé au-dessus de nous, mais des nuages envahissent la vallée et remontent la pente progressivement, comme à notre poursuite.
Nous arrivons à un col, où nous marquons la pause, vers 10h30.
nuages à notre poursuite
chemin à flanc de coteau À partir de là le chemin est à flanc de coteau, le long d’une pente de plus en plus raide, faite de pierres calcaires.
Nous montons régulièrement, jusqu’à arriver à un passage un peu plus difficile : là le chemin rejoint la crête et la pente, raide des deux côtés, a conduit à poser un câble qui permet de sécuriser le passage.
la crête
Sur la gauche, de l’autre côté de la crête, nous découvrons un cirque de pierre, magnifique et désolé. Il porte encore la trace de quelques neiges de l’hiver, presque entièrement disparues.
cirque de pierre Du côté où nous sommes montés, de grands dégagements vers de profondes vallées.
Les nuages nous ont rattrapés, et par moment il nous faut marcher dans une sorte de brouillard, heureusement intermittent.
un câble...
Nous nous retrouvons au-dessus d’un col, jusqu’auquel il nous faut descendre, avant d’entre- prendre l’ascension du point culminant de la journée, le mont Vihren, sommet du Pirin, 2914 m.
le Vihren Il dresse sa forme pyramidale face à nous, et nous commençons à grimper.
Nous avons décidé d’attendre le sommet pour déjeuner, malgré l’heure tardive.
La pente est raide, et notre progression prend par moment des allures d’escalade.
au sommet
au sommet Une demi-heure plus tard nous y sommes.
Un groupe de Suédois nous y a précédés et, comme nous, déjeune.
Bien qu’au sommet, le vent ne souffle pas trop et il fait plutôt bon, d’autant le ciel s’est plutôt dégagé.
Nous engageons la descente. Elle est heureusement moins raide que la montée.
Nouveau col, et dernier dégagement sur le mont Vihren.
Nous piquons sur la gauche pour amorcer la descente finale.
Nous finissons par apercevoir un grand bâtiment auprès duquel nous attend le bus.
À nouveau nous sommes dans une région de sport d’hiver, comme en témoigne le télésiège sur la crête face à nous. Nous verrons d’ailleurs beaucoup de pistes de ski en descendant par la route.
dernier dégagement sur le Vihren
pin de 1300 ans En chemin nous faisons une halte pour admirer un pin gigantesque, vieux de 1300 ans, auprès duquel nous nous faisons photographier.

Enfin nous arrivons à Bansko, notre étape pour les deux prochains jours, où nous accueille une pension de famille.
Un repas dans une taverne, qui vaut surtout par son décor et ses musiciens, vient animer la soirée.
dîner en taverne
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9 septembre

Une petite bruine semble s’être installée.
Le groupe opte donc pour une solution de repli : la visite d’un vieux village des monts Rhodopes : Kavatchevitsa. Inconvénient, il y a tout de même 1h30 de route depuis Bansko pour y parvenir.
Nous traversons au passage quelques villages musulmans, avec leurs minarets.


Nous y sommes.
Il est effectivement très typique, avec ses vieilles maisons en pierre, certaines parfaitement restaurées.
Nous en visitons l’une d’elle, qui fait aussi gîte d’étape, à la décoration particulièrement réussie.
Kavatchevitsa
intérieur d'une maison intérieur d'une maison Le village est petit, assez peu actif.
Quelques ouvriers s’affairent tout de même au centre du village, près de l’unique café où nous avons trouvé refuge, avant la visite de l’église.
L’intérieur, avec en particulier l’iconostase, est superbe. Il manque malheureusement quelques pièces, récemment volées.
Nous quittons le village et descendons un peu plus bas, dans une autre bourgade qui nous sert de lieu de pique-nique et marquera le départ de la marche de l’après-midi.
Le chemin est facile, dans une forêt de sapin, dont l’odeur emplit nos narines.
Puis nous descendons jusqu’à un pont sur une rivière, pour rejoindre ce qui s’avère être une ancienne voie romaine. petit pont
village abandonné Elle nous mène à un village abandonné, vidé de ses habitants à l’époque du communisme. Certaines maisons sont imposantes, mais le délabrement a fait son œuvre, et une éventuelle restauration ne saurait attendre très longtemps.
Nous visitons la mosquée et une petite église, seuls bâtiments qui ont encore gardé une activité sporadique.
Le ciel se dégage progressivement, et les rayons de soleil qui transpercent les nuages pour éclairer la plaine sont du plus bel effet.
Nous rejoignons les faubourgs d’une petite ville, où nous retrouvons le car qui nous ramène à Bansko.
effet de lumière
En attendant le dîner à la pension, nous faisons un tour en ville : le peu que nous voyons est assez attrayant. Bansko est un centre pour le ski et de nombreuses boutiques offrent tout le matériel nécessaire en montagne.
Un petit café sur une place nous accueille pour une bière avant le retour à la maison.
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10 septembre

Nous quittons Bansko par la route, et après un bref transfert nous nous mettons en route relativement tard, malgré la longue journée de marche qui nous attend.
nous longeons le lit d'un torrent Pour l’instant la pente est plutôt douce, et la température agréable.
Nous longeons le lit d’un torrent pendant une heure environ, avant d’arriver à un gîte, où de petites maisons individuelles servent de chambres.
Nous repartons alors que le temps se couvre progressivement.
Nous nous dirigeons vers un col, aux abords empierrés, précédé par des petits lacs.
La température a fraîchi et le vent souffle.
Nous marchons par moment dans les nuages.
dans les nuages un col aux abords empierrés
Arrivés au col nous marquons la pause. Il est près de midi, et devant le froid nous décidons de pousser jusqu’à un refuge un peu plus haut qui nous servira d’abri pour le déjeuner.
Malheureusement il est déjà plein, largement occupé par un groupe de jeunes qui ont entrepris de débarrasser la montagne de tous les déchets qu’elle contient. Nous en avons croisés quelques uns en montant, et les sacs accumulés sont impressionnants. Nous sommes admiratifs de l’initiative : de fait les montagnes que nous avons traversées sont impeccables.
Nous poursuivons la route et finissons par parvenir à un endroit un peu abrité, au milieu des rochers.
Le déjeuner est cependant rapide, et nous repartons pour une descente assez raide au milieu des pierriers. Puis elle devient plus douce, s’élargissant dans une sorte de vallée, assez plaisante s’il n’y avait les nuages qui masquent la vue.
À une rupture de pente, au dessus d’un troupeau de vaches, nous nous arrêtons et nous installons un moment à l’abri du vent. vache
salamandre Le chemin se termine avec la pluie qui menace, dans une forêt assez plaisante.
Une salamandre vient croiser notre chemin.
Le refuge où nous arrivons, dit refuge Pirin, est l’ancienne maison d’un révolutionnaire de l’avant-guerre.
Elle a un peu perdu de sa superbe, mais la demi-rotonde, qui abrite la salle à manger et au-dessus le dortoir où nous nous installons, reste assez majestueuse.
À l’extérieur, de grands réservoirs en hauteur viennent alimenter des cabines de douche de leur eau glacée. Tonique, mais délassant.
Le soir s’installe doucement, alors que la pluie commence à tomber.
refuge Pirin
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11 septembre

Le soleil brille... Il a plu une bonne partie de la nuit, mais le ciel est dégagé.
Nous nous mettons en route pour notre dernière marche du séjour.
Nous passons à proximité d’un autre refuge, proche du notre, et commençons une brève montée dans les bois.
Le soleil brille, et une belle lumière dorée filtre au travers des arbres.
Malheureusement cela ne va pas durer.
Le ciel se couvre et surtout le brouillard s’installe au fur et à mesure que nous descendons.
Le sentier se transforme en chemin étroit au travers des pinèdes un peu humides. troupeau de chèvres
Un décor de falaises... Nous croisons un troupeau de chèvres qui s’écartent à notre approche.
Puis nous voyons apparaître un paysage plus dégagé où pointent des falaises ocres et quelques pointes découpées, semblables à des cheminées de fées.
Nous approchons de notre destination, mais il nous faut encore continuer à descendre.
Nous longeons le lit sablonneux d’un torrent à sec. Après un moment de ce régime parfois pénible, la végétation ayant tendance à se montrer envahissante, nous débouchons sur une route où nous attend notre bus.
Un court transfert nous emmène au monastère de Rojen. Monastère de Rojen
Dans l'église Dans un premier temps nous nous installons pour déjeuner sur les pelouses qui lui font face.
Puis la visite commence.
Beaucoup plus petit que Rila, il dégage un aspect assez propret, un peu trop peut être.
Dans l’église, les icônes et les dorures dégagent toujours cependant cette atmosphère si propre à la contemplation.
Intérieur du monastère Les bâtiments conventuels se développent autour de l’église, sur un ou deux étages.
Dans l’un d’eux, une salle à manger avec une table impressionnante par sa longueur, où l’ensemble de la communauté pouvait prendre place.
Le dessus est creux, et les visiteurs y ont déposé de la petite monnaie en grand nombre.
Une table impressionnante
Puis nous laissons le monastère pour rejoindre à pied Melnik, notre destination du soir.
Cheminées de fées Après une courte montée nous sommes au milieu d’un paysage de falaises et de cheminées de fées, semblable à celui que nous avons aperçu de loin ce matin.
Nous nous attardons pour quelques photos puis reprenons la descente, à nouveau dans le lit asséché d’un torrent.

Nous arrivons rapidement à Melnik, la plus petite ville de Bulgarie nous apprend-on.
Cheminées de fées
Ses grandes maisons aux soubassements de pierre, aux étages en encorbellement soutenus par des poutres forment un ensemble très harmonieux où il fait bon flâner. Melnik
Melnik Le nombre de tavernes ou de magasins de souvenirs, sans proportion avec cette ville qui doit compter une centaine d’habitants permanents, témoigne de l’attrait touristique du lieu.
Nous nous installons dans notre hôtel, superbe avec sa cour intérieure sur laquelle donnent les chambres en coursive, et nous repartons en ville où nous déambulons avant le dîner.

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12 septembre

La salle à manger, qui nous a accueillis la veille au soir et nous retrouve pour le petit déjeuner est une grande pièce, légèrement en sous-sol.
Elle témoigne de l’histoire de la ville : la rivière, détournée de son cours, a amené des matériaux qui ont recouvert une partie des soubassements des maisons.
Ce qui était jadis un premier étage est maintenant en partie enterré.
La maison servit au XIXe siècle de prison, du temps où la ville comptait plus de 20000 habitants.
Puis les guerres des Balkans sont passées par là et en 1912 la population a fuit, réduisant la ville, qui comptait alors une soixantaine d’églises, à un simple village.
Melnik
Maison Kordopoulov Avant de partir nous visitons une de ses vieilles bâtisses : la maison Kordopoulov.
Elle est immense, avec ses décorations intérieures d’inspiration turque.
décoré à la turque Maison Kordopoulov- fresques Maison Kordopoulov- fresques
Sa conception est assez originale, dans la mesure où elle épouse la topographie, les pièces s’élevant le long de la colline et offrant à chaque niveau un débouché vers l’extérieur.
Souterrains de la maison Kordopoulov Un jardin d’hiver vient agrémenter une des pièces de réception, où se tenait le maître de maison.
Au-dessus, la terrasse débouche directement sur la montagne.
Nous finissons la visite par les sous-sols, véritable labyrinthe, qui devaient certainement offrir des voies d’échappement en cas d’agression.
Mais il nous faut maintenant prendre la route, plutôt longue jusqu’à Sofia.
Nous faisons une halte pour déjeuner à Blagoevgrad, avec un ciel assez plombé.
Si les abords de la ville, avec ses barres d’immeubles délabrés, sont sinistres, le centre où nous nous retrouvons est plutôt pittoresque, avec ses vieilles maisons restaurées étagées le long d’une colline.
Nous finissons la route sous la pluie, elle ne nous quittera plus.
Parlement Nous entrons à Sofia sous un déluge, l’après-midi bien avancé.
Nous nous installons dans notre hôtel, face au Parlement, et repartons pour découvrir la ville, toujours sous la pluie.
Nous voyons d’abord une succession d’églises, la Cathédrale Alexandre Nevski, Sainte-Sophie, l’église russe.
Les intérieurs sont assez chargés, mais non sans majesté.
Alexandre Nevski
D’autres monuments, ministères ou Présidence de la République, sont assez imposants et austères. Eglise russe
Dans Alexandre Nevski D’une façon générale l’ensemble, il est vrai peu avantagé par la pluie, est plutôt froid et sévère, sans charme particulier.
Quelques passages souterrains, animés par des boutiques de souvenirs en tout genre, relient entre eux les différents secteurs du centre. Les travaux ont mis en évidence les fondations de l’ancienne cité fortifiée, çà et là mises en valeur.
des monuments austères Nous finissons dans un centre commercial, assez moderne, constitué de galeries sur plusieurs étages où fleurissent les boutiques de toute nature.
Un peu plus loin je découvre un marché couvert, dans le style néo-Baltard. L’ensemble, un peu décalé par rapport à l’ambiance générale de la ville, me paraît manquer singulièrement de vie.
Marché couvert
La soirée finira dans un restaurant typique de la ville, avec ses inévitables musiciens : notre repas d’adieu.

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La ville de Sofia

13 septembre

Dernier dîner
Toujours le temps maussade. Thétre Ivan Vasov
Sveta Nedelya Nous repartons pour un dernier tour en ville, mais il faut se rendre à l’évidence, nous en avons vu l’essentiel.
Quelques nouvelles églises, comme la cathédrale Sveta Nedelya, le théatre Ivan Vasov, viennent cependant compléter le panorama.
Nous jetons également un coup d’œil à un vestige de l’époque communiste,
Cérémonie orthodoxe le monument à l’Armée Rouge, désormais plus ou moins à l’abandon :
les skate-boarders ont remplacé les gardes rouges !
Il est d’un classicisme banal : l’inévitable statue du soldat serrant la main du travailleur, accompagné de la paysanne et de son enfant, les yeux tournés avec détermination vers l’avenir.
Monument à l'Armée Rouge
Nous passons ensuite un bon moment à trouver un restaurant, la ville offrant apparemment peu d’alternative entre le déjeuner de luxe et le fast-food.
Un dernier tour dans les boutiques souterraines ou dans le centre commercial de la veille et nous regagnons l’hôtel, pour notre dernier transfert vers l’aéroport.

FIN

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© Bernard Cathelain 2003