|
|
31
août |
|
 |
Sofia
: vision d'une ville un peu stalinienne, avec ses barres d'immeubles,
ses grandes avenues au revêtement vieillissant, le terre-plein
central parfois occupé par un Tramway.
Si vieille ville il y a, nous ne la verrons pas aujourd'hui : nous
allons directement de l'aéroport au musée historique
national, vaste bâtiment du communisme triomphant, converti
dans les années 90. |
Celui-ci
est situé dans les hauteurs de Sofia, dans les contreforts
du mont Vitosha qui domine la ville de ses 2000 m. Isolé
au milieu des bois, son allure ne trompe pas : nous sommes dans
un ancien sanatorium de l'avant-guerre.
Dans une brève promenade autour de l'hôtel, en attendant
le dîner, la rencontre de trois chiens me vaut une manche
déchirée et une marque à l'avant-bras : premier
contact un peu rude avec la Bulgarie ! |
 |
Retour au début
1er septembre |
| Nous avons rejoint en bus notre
point de départ. Le sentier n’est tout d’abord
pas passionnant : une forêt peu entretenue, avec beaucoup de
végétation basse. Nous sommes à l’ombre
et il fait plutôt frais. |
 |
Mais bientôt la forêt laisse la place à
des pentes assez vertes, ponctuées de gros rochers. Le ciel
est franchement bleu, créant un effet de contraste. |
L’absence de végétation haute permet de vaste
dégagement sur Sofia, bien perceptible malgré un léger
voile de brume.
Le sentier est assez raide. |
 |
| Après une petite source, autour de laquelle ont
été aménagés des bancs, nous arrivons
à un vaste plateau tourbeux, transformé en réserve
naturelle. |
| Nous nous contentons de le longer. Face à nous, au fond
du plateau, le mont Vitosha et son observatoire. |
 |
L’hiver, la région constitue la station de ski de Sofia.
Nous croisons plusieurs remontées mécaniques, et un
gigantesque complexe hôtelier à l’abandon, vestige
de l’époque communiste.
Un peu plus loin un autre hôtel, plus petit et encore actif,
auprès duquel nous faisons la pause. |
 |
Nous commençons à redescendre. De temps à autre
le sentier, forestier, est interrompu par de véritables rivières
de pierres, torrents asséchés que franchissent de petites
passerelles en bois.
Les épineux dominent, et c’est dans l’odeur des
sapins que nous arrivons au lieu du déjeuner : des tables de
bois aménagées près d’un petit torrent.
|
 |
Il est près de 14h00, et l’appétit
est bien aiguisé, alors que nous faisons connaissance avec
notre première salade bulgare, et ses incontournables poivrons.
Le chemin n’est plus très long pour ce qui n’a
été qu’une mise en jambe. |
 |
Nous retrouvons le bus, et nous prenons la
route pour Samokov, notre étape du soir.
Deux visites y sont au programme : d’abord une ancienne mosquée,
délaissée au départ des Turcs. |
  |
| Elle n’est pas très ancienne, mais ses peintures délicates
lui donnent un charme certain. La montée au minaret au travers
d’un escalier étroit et poussiéreux, permet quelques
vues sur la ville et les montagnes alentours. |
| Vient ensuite une maison « Renaissance »,
entendre Renaissance Bulgare, c’est-à-dire XIXe siècle.
Elle est richement décorée, avec un mobilier d’inspiration
ottomane. Les plafonds, en particulier, attirent notre attention. |
 |
 |
Puis c’est le marché, et les provisions pour les prochains
jours : en particulier des fruits et légumes en quantités
impressionnantes.
Nous voici à l’hôtel et son patio, où il
fait bon faire connaissance avec la bière bulgare, kamenitza
ou zagorka.
|
 |
Retour au début
2 septembre
Le réveil n’est guère matinal.
Les victuailles achetées la veille trônent sur une
table, et nous passons un temps non négligeable à
nous les répartir, dans une organisation qui n’a rien
de prussienne ! Il est assez tard quand nous partons, mais la pluie
fine qui tombait à notre réveil a ainsi eu le temps
de se calmer.
Après un bref transfert en bus, nous
prenons nos sacs à dos et commençons la marche, sous
un temps couvert. Nous avons nos affaires pour 2 jours : ce soir
nous dormons dans un refuge au pied du mont Moussala, 2925 m, point
culminant des Balkans.
|
 |
La pente est régulière, et le sentier
assez facile.
Au travers des nuages, nous apercevons des montagnes relativement
escarpées, et le Moussala apparaît assez vite à
l’horizon. |
| Nous avons une sérieuse montée à faire pour
atteindre le sommet, puisque nous sommes partis sous les 1400 m. |
 |
| Il fait frais, avec un petit vent, et quand vient l’heure
du déjeuner nous nous abritons dans un petit refuge auprès
d’un lac, où une bonne soupe chaude vient compléter
la salade qui constitue notre menu. |
 |
Avec la digestion, la sensation de froid est encore plus forte quand
nous repartons, mais l’allure est vive, et nous nous réchauffons
rapidement. Nous arrivons en
peu de temps au refuge où nous allons passer la nuit : Lédéno
Ezéro.
C’est une grande bâtisse en bois, aux formes triangulaires
et au toit de tôle. Au rez-de-chaussée une salle à
manger assez cosy et la cuisine, tenue par les gardiens ; au premier
le dortoir avec une trentaine de places. |
| Pour l’instant il n’est pas l’heure de dormir.
Nous posons les affaires non indispensables, et reprenons l’ascension
vers le sommet. |
 |
La pente est rocailleuse, assez rude, mais nous n’avons
plus guère que 200 m à gravir et la distance est assez
rapidement franchie. |
| Au sommet, des bâtiments des années 30, observatoire
et station météo, pour le moins disgracieux. Ils nous
servent cependant d’abri, la pluie accompagnée d’une
petite grêle ayant accompagné nos derniers pas. |
 |
 |
Heureusement cela ne dure pas, et les nuages qui s’écartent,
découvrant les montagnes et les lacs alentour, au milieu des
rochers glaciaires, le tout couronné par un arc-en-ciel, nous
offrent un paysage des plus plaisants.
Nous redescendons et regagnons le refuge. |
| La fin de l’après-midi est occupée par une toilette
en extérieur quelque peu sommaire, vu le temps et la température
de l’eau, en attendant un dîner des plus copieux, alors
que dehors l’orage s’installe. |
Retour au début
3 septembre |
|
Le vent a soufflé toute la nuit, et dehors il pleut.
Nous renonçons à la route des crêtes, que le vent
et le froid rendraient inconfortable et probablement sans intérêt,
pour un chemin un peu plus à l’abri, dans la montagne.
Comme nous nous mettons en route la pluie se calme cependant, et des
petits coins de ciel bleu laissent espérer une amélioration. |
 |
 |
Nous redescendons le chemin de la veille, jusqu’au
refuge où nous avons déjeuné, |
puis nous prenons un petit chemin à flanc de coteau, qui
se dirige vers une sorte de col.
Nous sommes au milieu de pins endémiques, qui, à cette
altitude, prennent l’allure de buissons. Quelques cèpes
poussent à leur pied, et Rossen, notre guide, se lance dans
la récolte. |
 |
Il en aura un plein sac en fin de journée.
Au col nous prenons un chemin sur la droite. |
Le soleil ne s’est pas franchement levé, et la végétation
est très humide : comme le sentier est étroit, nous
avons assez vite les jambes bien mouillées.
Les pins grandissent avec l’altitude qui diminuent, et le petit
sentier devient chemin forestier.
Un peu en dessous des 2000 m nous atteignons un refuge, dont la véranda
nous sert d’abri pour le déjeuner. |
 |
Nous l’apprécions, car le brouillard est tombé
et nous devons repartir sous un plafond particulièrement
bas.
La descente serait facile, si ce n’était la température
franchement en baisse, et la pluie fine qui s’est mêlée
au brouillard.
Le chemin est ponctué de maisons forestières, aux
élégants murs de bois. |
Au milieu de l’après-midi nous
finissons par apercevoir un ensemble de bâtisses, manifestement
une station de ski. C’est Borovets, où le bus vient nous
récupérer.
Nous sommes partis pour une petite heure de route.
Nous rejoignons, au milieu des bois, l’hôtel qui nous
accueille pour les deux prochains jours, simple mais flambant neuf. |
 |
Retour au début
 |
Ce matin le temps semble se dégager.
Nous partons directement du refuge. Même si le ciel est franchement
bleu, le fond de l’air est frais, au point que nous faisons
de la buée en parlant.
Nous entrons dans le Parc National du Rila,
en suivant un petit sentier |
 |
| dans la forêt qui nous conduit, au
bout d’une heure environ, à un refuge situé vers
les 2000 m. |
À partir de là nous prenons sur notre gauche un chemin
qui grimpe, au travers des éboulis. Il y a maintenant quelques
nuages, qui donnent une désagréable sensation de froid
quand ils masquent le soleil.
Le chemin monte assez rapidement. Nous gravissons des crêtes
successives, en nous imaginant voir le lac, destination du jour, derrière
chacune d’entre elles. |
 |
 |
Finalement le voici, à
l’heure du déjeuner, le Strachno Ezéro, à
2500 m d’altitude environ.
Il est bien joli, perdu au milieu des montagnes, dominé par
un petit refuge.
Nous déjeunons sur ses bords, en cherchant à nous
mettre à l’abri du vent.
Puis nous repartons. |
 |
Le chemin du retour est en descente assez raide, à l’image
de la montée.
Après quelque temps nous atteignons un second lac, à
l’abri de la montagne, avec une grande prairie où nous
nous allongeons un moment, profitant du soleil. |
 |
 |
Le retour des nuages nous fait repartir, dans un paysage
ponctué de sapins, assez rocailleux. |
Plus bas nous longeons un secteur qui a manifestement
brûlé il y a quelque temps mais où la végétation
commence à reprendre le dessus.
Puis nous sommes dans la forêt, après le franchissement
d’un petit coteau : nous approchons de notre hôtel. |
 |
| Avant de le rejoindre nous atterrissons
dans un bar de montagne, nouvelle occasion de tester la bière
locale. |
Retour au début
5 septembre
Le ciel est d’un bleu éclatant, bon augure pour une
journée qui s’annonce longue.
Nous chargeons nos bagages dans le bus et prenons notre sac à
dos avec les affaires des deux prochains jours : ce soir nouvelle
nuit en refuge.
Nous partons directement à pied, par un petit chemin qui
descend un bon moment dans la forêt, avant de finir en plat.
|
Mais cela ne dure pas.
Nous devons rejoindre la route des crêtes, et nous nous engageons
sur un chemin particulièrement raide, sur l’arrête
d’un massif boisé.
Nous montons à un rythme soutenu, jusqu’à sortir
de la forêt à un peu plus de 2000 m.
Nous sommes sur un vaste plateau incliné.
Sur notre gauche des rochers très abrupts qui dominent une
profonde vallée. |
 |
 |
À droite, un peu en contrebas sur le plateau,
un troupeau de chevaux aux robes multicolores. |
| Malheureusement le beau ciel bleu du matin a rendu les armes, et
nous sommes maintenant sous une épaisse couche de nuages. À
nouveau le vent, et une température qui a sensiblement fraîchie.
|
 |
Nous suivons le plateau dans sa pente principale, assez
soutenue. Il se réduit progressivement
en largeur, jusqu’à constituer une crête que nous
suivons vers son sommet. |
 |
Nous l’atteignons un peu après midi. Nous sommes à
2600 m.
Au loin les montagnes aperçues la veille. À droite un
paysage glaciaire, de rochers et de petits lacs qui ont donné
leur nom à la région : la région des Sept Lacs.
C’est dans cette direction que nous commençons la descente.
Le froid est vif – le thermomètre indique 2°C.
|
 |
| Après une bonne descente dans les rochers, nous nous retrouvons
auprès d’un petit lac, alimenté par un ruisseau
qui forme de nombreux méandres. C’est là que nous
nous installons pour déjeuner. À côté de
la traditionnelle salade, le café de la thermos et une gorgée
de Rakia sont les bienvenus pour nous réchauffer. |
 |
Nous repartons. Sur le chemin de l’eau prise en
glace témoigne de la température. |
De nouveau de petits lacs, et au fond un bâtiment de type
chalet, sur 4 ou 5 étages, notre refuge du soir.
Nous avons décrit un grand arc de cercle et la plaine où
paissaient les chevaux est maintenant au-dessus de nous, sur notre
droite. |
 |
| Le refuge s’avère être en fait une
sorte d’hôtel, destination manifestement appréciée
par de nombreux Bulgares pour y passer le week-end. |
Retour au début
 |
Cette fois-ci le ciel est franchement bleu, sans réelle
menace. Nous avons opté par la route des crêtes : le
sentier s’élève d’abord sur une pente,
piste de ski en hiver.
Puis il grimpe dans la montagne, nous faisant
découvrir chacun des lacs les uns après les autres,
jusqu’à une vision d’ensemble au sommet. |
 |
Leurs noms sont évocateurs : au plus près
du refuge, le lac d’En Bas, du fait de son altitude.
Puis déjà longé hier, le lac aux Poissons,
qui paraît-il y pullulent, et le lac des Jumeaux, la partie
centrale resserrée jusqu’à ne former qu’un
étroit bras d’eau.
Viennent ensuite successivement, ainsi nommés par leur forme,
le lac du Trèfle, le lac du Rognon, probablement le plus
beau, l’Œil et la Larme.
|
 |
| Le ciel sans nuage donne une couleur bleu profond
à l’eau, et les lacs se détachent dans un paysage
de prés et de rochers.
D’en haut nous identifions les points où nous sommes
passés la veille et l’avant-veille. |
 |
 |
 |
Nous continuons à monter, jusqu’à rejoindre
un vaste plateau, suivi de collines recouvertes de hautes herbes.
Nous croisons un troupeau de mouton avec son vieux berger. Les chiens
arborent des colliers métalliques aux pointes hérissées
impressionnantes, dont l’objectif est de les protéger
des loups qui voudraient les égorger !
Plus haut encore, d’autres troupeaux, accompagnés par
des cavaliers. |
Les prairies se terminent en vallées profondes et boisées.
Le paysage est grandiose, et nous déjeunons avec mille mètres
de pente à nos pieds. Devant nous quelques montagnes marquent
la frontière avec la Macédoine.
Nous repartons jusqu’à atteindre une sorte de col, mais
nous ne sommes pas au bout de nos peines : nous sommes montés
à 2600 m, mais il nous faut redescendre au monastère
de Rila, notre destination du soir, à 1100 m d’altitude
environ. |
 |
La descente est longtemps relativement raide, par un chemin assez
étroit, au milieu des hautes herbes.
Puis vient la forêt, d’abord peu épaisse, puis
de plus en plus profonde. Avant de nous y engager vraiment nous avons
pu apercevoir, dans le fond de la vallée, le toit du monastère.
Enfin voici Rila. |
 |
L’ensemble est simplement splendide : autour d’une
petite église, avec ses coupoles, les bâtiments conventuels,
développés sur 4 niveaux.
Les coursives en bois, rehaussées par quelques avancées,
dominent le parvis, reliées par des jeux d’escaliers.
La couleur sombre du bois tranche avec le clair des murs, ponctués
de sobres décorations. |
L’ensemble est majestueux, apaisant, et dégage
une grande harmonie.
Saint
Jean de Rila, ermite canonisé par l'Église orthodoxe,
a fondé le monastère de Rila au Xe siècle.
Sa demeure d'ascète et sa tombe sont devenues lieux sacrés
et ont été transformées en un ensemble monastique
qui a tenu un rôle important dans la vie spirituelle et sociale
de la Bulgarie médiévale. Ravagé par un incendie
au début du XIXe siècle, l'ensemble a été
rebâti entre 1834 et 1862. Ce monument caractéristique
de la Renaissance bulgare (XVIIIe-XIXe siècles), symbolise
la prise de conscience d'une identité culturelle slave après
des siècles d'occupation.
Source : Unesco http://whc.unesco.org/sites/fr/216.htm |
| L’église elle même est largement
pourvue de dorures, entourant les icônes traditionnelles au
rite orthodoxe. |
 |
 |
 |
Autour de l’église, un déambulatoire recouvert
de fresques, plafonds compris, aux couleurs vives et claires. |
| Nous restons dans ce lieu magique un bon moment, déambulant
dans les coursives ou dans la cour. |
| Nous rejoignons enfin notre hôtel, une nouvelle visite du
monastère étant prévue le lendemain matin. |
Retour au début
Dimanche oblige, la journée s’annonce calme.
Nous retournons d’abord au monastère pour une visite
commentée. |
 |
Nous revoyons avec plaisir les lieux visités
la veille, et découvrons des richesses nouvelles, comme ces
cuisines, avec leur cheminée d’évacuation des
fumées, qu’on croirait recouverte de gigantesques écailles. |
| Nous pénétrons dans l’église, où
les visiteurs se mélangent aux fidèles. Près
du cœur un pope est en train d’officier, et d’autres
pratiquants se prosternent sur des reliquaires, à gauche de
la nef, à l’opposé de la chapelle qui abrite le
cénotaphe du Tsar Boris III, mort à son retour d’Allemagne,
assassiné par Hitler dit-on. |
 |
| Nous nous dirigeons ensuite vers le musée,
qui abrite une quantité d’objet de culte. Le plus intéressant
est une croix de buis sculptée. On y distingue des centaines
de personnages, travail de fourmi que son auteur, un des moines, mit
12 ans à réaliser, de 1790 à 1802. Selon la légende,
il devint aveugle à la fin. |
Nous quittons Rila et rejoignons l’hôtel. Nous avons
un long transfert en bus jusqu’au massif du Pirin.
Nous nous arrêtons en route dans une auberge pour déjeuner.
Il fait chaud, et c’est avec plaisir que nous nous installons
dehors dans une sorte de jardin. Puis la route
reprend, autoroute par moment, avant de bifurquer vers des routes
plus étroites qui nous emmènent vers un massif important.
Le bus nous dépose dans une petite clairière, et nous
sommes partis pour 5 à 600 m d’ascension, jusqu’au
refuge du soir. |
La distance est courte, et nous la parcourons à vive allure.
Une heure après nous y sommes, à
nouveau une sorte de clairière avec des petites maisons, pour
certaines abandonnées : Yavorov.
Le refuge est un peu plus loin.
Une fois de plus son confort est surprenant : chambre double, avec
salle d’eau privative, eau chaude, serviette et draps fournis
par la maison ! |
 |
Retour au début
| Nous sommes partis relativement tôt, 8h00 à peine passées. |
 |
Le sentier monte d’abord doucement dans la forêt. Puis
celle-ci laisse la place, vers 2000 m, à des rochers mélangés
d’arbustes.
Le ciel, très bleu ce matin, reste dégagé au-dessus
de nous, mais des nuages envahissent la vallée et remontent
la pente progressivement, comme à notre poursuite.
Nous arrivons à un col, où nous marquons la pause, vers
10h30. |
 |
 |
À partir de là le chemin est à flanc de coteau,
le long d’une pente de plus en plus raide, faite de pierres
calcaires.
Nous montons régulièrement, jusqu’à arriver
à un passage un peu plus difficile : là le chemin rejoint
la crête et la pente, raide des deux côtés, a conduit
à poser un câble qui permet de sécuriser le passage. |
 |
| Sur la gauche, de l’autre côté de
la crête, nous découvrons un cirque de pierre, magnifique
et désolé. Il porte encore la trace de quelques neiges
de l’hiver, presque entièrement disparues. |
 |
Du côté où nous sommes montés, de grands
dégagements vers de profondes vallées.
Les nuages nous ont rattrapés, et par moment il nous faut marcher
dans une sorte de brouillard, heureusement intermittent. |
 |
| Nous nous retrouvons au-dessus
d’un col, jusqu’auquel il nous faut descendre, avant d’entre-
prendre l’ascension du point culminant de la journée,
le mont Vihren, sommet du Pirin, 2914 m. |
 |
Il dresse sa forme pyramidale face à nous, et nous commençons
à grimper.
Nous avons décidé d’attendre le sommet pour déjeuner,
malgré l’heure tardive.
La pente est raide, et notre progression prend par moment des allures
d’escalade. |
 |
 |
Une demi-heure plus tard nous y sommes.
Un groupe de Suédois nous y a précédés
et, comme nous, déjeune. |
Bien qu’au sommet, le vent ne souffle pas trop
et il fait plutôt bon, d’autant le ciel s’est plutôt
dégagé.
Nous engageons la descente. Elle est heureusement moins raide que
la montée. |
Nouveau col, et dernier dégagement sur le mont Vihren.
Nous piquons sur la gauche pour amorcer la descente finale.
Nous finissons par apercevoir un grand bâtiment auprès
duquel nous attend le bus. À nouveau nous sommes dans une
région de sport d’hiver, comme en témoigne le
télésiège sur la crête face à nous.
Nous verrons d’ailleurs beaucoup de pistes de ski en descendant
par la route. |
 |
 |
En chemin nous faisons une halte pour admirer un pin
gigantesque, vieux de 1300 ans, auprès duquel nous nous faisons
photographier. |
Enfin nous arrivons à Bansko, notre
étape pour les deux prochains jours, où nous accueille
une pension de famille.
Un repas dans une taverne, qui vaut surtout par son décor et
ses musiciens, vient animer la soirée. |
 |
Retour au début
| Une petite bruine semble s’être installée.
Le groupe opte donc pour une solution de repli : la visite d’un
vieux village des monts Rhodopes : Kavatchevitsa. Inconvénient,
il y a tout de même 1h30 de route depuis Bansko pour y parvenir.
Nous traversons au passage quelques villages musulmans, avec leurs
minarets.
|
Nous y sommes.
Il est effectivement très typique, avec ses vieilles maisons
en pierre, certaines parfaitement restaurées.
Nous en visitons l’une d’elle, qui fait aussi gîte
d’étape, à la décoration particulièrement
réussie. |
 |
 |
 |
Le village est petit, assez peu actif.
Quelques ouvriers s’affairent tout de même au centre du
village, près de l’unique café où nous
avons trouvé refuge, avant la visite de l’église.
L’intérieur, avec en particulier l’iconostase,
est superbe. Il manque malheureusement quelques pièces, récemment
volées. |
Nous quittons le village et descendons un peu plus bas, dans une
autre bourgade qui nous sert de lieu de pique-nique et marquera le
départ de la marche de l’après-midi.
Le chemin est facile, dans une forêt de sapin, dont l’odeur
emplit nos narines. |
| Puis nous descendons jusqu’à un pont sur
une rivière, pour rejoindre ce qui s’avère être
une ancienne voie romaine. |
 |
 |
Elle nous mène à un village abandonné, vidé
de ses habitants à l’époque du communisme. Certaines
maisons sont imposantes, mais le délabrement a fait son œuvre,
et une éventuelle restauration ne saurait attendre très
longtemps. |
| Nous visitons la mosquée et une petite église,
seuls bâtiments qui ont encore gardé une activité
sporadique. |
Le ciel se dégage progressivement, et les rayons de soleil
qui transpercent les nuages pour éclairer la plaine sont du
plus bel effet.
Nous rejoignons les faubourgs d’une petite ville, où
nous retrouvons le car qui nous ramène à Bansko.
|
 |
En attendant le dîner à
la pension, nous faisons un tour en ville : le peu que nous voyons
est assez attrayant. Bansko est un centre pour le ski et de nombreuses
boutiques offrent tout le matériel nécessaire en montagne.
Un petit café sur une place nous accueille pour une bière
avant le retour à la maison. |
Retour au début
| Nous quittons Bansko par la route, et après un bref transfert
nous nous mettons en route relativement tard, malgré la longue
journée de marche qui nous attend. |
 |
Pour l’instant la pente est plutôt douce,
et la température agréable.
Nous longeons le lit d’un torrent pendant une heure environ,
avant d’arriver à un gîte, où de petites
maisons individuelles servent de chambres. |
Nous repartons alors que le temps se couvre progressivement.
Nous nous dirigeons vers un col, aux abords empierrés, précédé
par des petits lacs.
La température a fraîchi et le vent souffle.
Nous marchons par moment dans les nuages. |
 |
 |
| Arrivés au col nous marquons la pause. Il est
près de midi, et devant le froid nous décidons de pousser
jusqu’à un refuge un peu plus haut qui nous servira d’abri
pour le déjeuner. |
Malheureusement il est déjà plein, largement occupé
par un groupe de jeunes qui ont entrepris de débarrasser la
montagne de tous les déchets qu’elle contient. Nous en
avons croisés quelques uns en montant, et les sacs accumulés
sont impressionnants. Nous sommes admiratifs de l’initiative
: de fait les montagnes que nous avons traversées sont impeccables.
Nous poursuivons la route et finissons par parvenir à un endroit
un peu abrité, au milieu des rochers.
Le déjeuner est cependant rapide, et nous repartons pour une
descente assez raide au milieu des pierriers. Puis elle devient plus
douce, s’élargissant dans une sorte de vallée,
assez plaisante s’il n’y avait les nuages qui masquent
la vue. |
| À une rupture de pente, au dessus d’un
troupeau de vaches, nous nous arrêtons et nous installons un
moment à l’abri du vent. |
 |
 |
Le chemin se termine avec la pluie qui menace, dans une forêt
assez plaisante.
Une salamandre vient croiser notre chemin. |
| Le refuge où nous arrivons,
dit refuge Pirin, est l’ancienne maison d’un révolutionnaire
de l’avant-guerre. |
Elle a un peu perdu de sa superbe, mais la demi-rotonde, qui abrite
la salle à manger et au-dessus le dortoir où nous nous
installons, reste assez majestueuse. À l’extérieur,
de grands réservoirs en hauteur viennent alimenter des cabines
de douche de leur eau glacée. Tonique, mais délassant.
Le soir s’installe doucement, alors que la pluie commence à
tomber. |
 |
Retour au début
 |
Il a plu une bonne partie de la nuit, mais le ciel est dégagé.
Nous nous mettons en route pour notre dernière marche du séjour.
Nous passons à proximité d’un autre refuge, proche
du notre, et commençons une brève montée dans
les bois.
Le soleil brille, et une belle lumière dorée filtre
au travers des arbres.
Malheureusement cela ne va pas durer. |
| Le ciel se couvre et surtout le brouillard s’installe au fur
et à mesure que nous descendons. |
| Le sentier se transforme en chemin étroit au
travers des pinèdes un peu humides. |
 |
 |
Nous croisons un troupeau de chèvres qui s’écartent
à notre approche.
Puis nous voyons apparaître un paysage plus dégagé
où pointent des falaises ocres et quelques pointes découpées,
semblables à des cheminées de fées. |
| Nous approchons de notre destination, mais il nous faut
encore continuer à descendre. |
| Nous longeons le lit sablonneux d’un torrent à sec.
Après un moment de ce régime parfois pénible,
la végétation ayant tendance à se montrer envahissante,
nous débouchons sur une route où nous attend notre bus. |
| Un court transfert nous emmène
au monastère de Rojen. |
 |
 |
Dans un premier temps nous nous installons pour déjeuner
sur les pelouses qui lui font face.
Puis la visite commence.
Beaucoup plus petit que Rila, il dégage un aspect assez propret,
un peu trop peut être. |
| Dans l’église, les icônes et les
dorures dégagent toujours cependant cette atmosphère
si propre à la contemplation. |
 |
Les bâtiments conventuels se développent
autour de l’église, sur un ou deux étages. |
Dans l’un d’eux, une salle à manger avec une
table impressionnante par sa longueur, où l’ensemble
de la communauté pouvait prendre place.
Le dessus est creux, et les visiteurs y ont déposé de
la petite monnaie en grand nombre. |
 |
| Puis nous laissons le monastère pour
rejoindre à pied Melnik, notre destination du soir. |
 |
Après une courte montée nous sommes au milieu d’un
paysage de falaises et de cheminées de fées, semblable
à celui que nous avons aperçu de loin ce matin.
Nous nous attardons pour quelques photos puis reprenons la descente,
à nouveau dans le lit asséché d’un torrent.
Nous arrivons rapidement à Melnik,
la plus petite ville de Bulgarie nous apprend-on. |
 |
| Ses grandes maisons aux soubassements de pierre, aux
étages en encorbellement soutenus par des poutres forment un
ensemble très harmonieux où il fait bon flâner. |
 |
 |
Le nombre de tavernes ou de magasins de souvenirs, sans proportion
avec cette ville qui doit compter une centaine d’habitants permanents,
témoigne de l’attrait touristique du lieu. |
| Nous nous installons dans notre hôtel, superbe
avec sa cour intérieure sur laquelle donnent les chambres en
coursive, et nous repartons en ville où nous déambulons
avant le dîner. |
Retour au début
La salle à manger, qui nous a accueillis
la veille au soir et nous retrouve pour le petit déjeuner est
une grande pièce, légèrement en sous-sol.
Elle témoigne de l’histoire de la ville : la rivière,
détournée de son cours, a amené des matériaux
qui ont recouvert une partie des soubassements des maisons. |
Ce qui était jadis un premier étage
est maintenant en partie enterré.
La maison servit au XIXe siècle de prison, du temps où
la ville comptait plus de 20000 habitants.
Puis les guerres des Balkans sont passées par là et
en 1912 la population a fuit, réduisant la ville, qui comptait
alors une soixantaine d’églises, à un simple village. |
 |
 |
Avant de partir nous visitons une de ses vieilles bâtisses
: la maison Kordopoulov.
Elle est immense, avec ses décorations intérieures d’inspiration
turque. |
 |
 |
 |
| Sa conception est assez originale, dans la mesure où
elle épouse la topographie, les pièces s’élevant
le long de la colline et offrant à chaque niveau un débouché
vers l’extérieur. |
 |
Un jardin d’hiver vient agrémenter une
des pièces de réception, où se tenait le maître
de maison.
Au-dessus, la terrasse débouche directement sur la montagne.
Nous finissons la visite par les sous-sols, véritable labyrinthe,
qui devaient certainement offrir des voies d’échappement
en cas d’agression. |
Mais il nous faut maintenant prendre la route, plutôt longue
jusqu’à Sofia.
Nous faisons une halte pour déjeuner à Blagoevgrad,
avec un ciel assez plombé.
Si les abords de la ville, avec ses barres d’immeubles délabrés,
sont sinistres, le centre où nous nous retrouvons est plutôt
pittoresque, avec ses vieilles maisons restaurées étagées
le long d’une colline.
Nous finissons la route sous la pluie, elle ne nous quittera plus. |
 |
Nous entrons à Sofia sous un déluge,
l’après-midi bien avancé.
Nous nous installons dans notre hôtel, face au Parlement, et
repartons pour découvrir la ville, toujours sous la pluie.
Nous voyons d’abord une succession d’églises, la
Cathédrale Alexandre Nevski, Sainte-Sophie, l’église
russe.
Les intérieurs sont assez chargés, mais non sans majesté.
|
 |
| D’autres monuments, ministères ou Présidence
de la République, sont assez imposants et austères. |
 |
 |
D’une façon générale l’ensemble,
il est vrai peu avantagé par la pluie, est plutôt froid
et sévère, sans charme particulier.
Quelques passages souterrains, animés par des boutiques de
souvenirs en tout genre, relient entre eux les différents secteurs
du centre. Les travaux ont mis en évidence les fondations de
l’ancienne cité fortifiée, çà et
là mises en valeur. |
 |
Nous finissons dans un centre commercial, assez moderne, constitué
de galeries sur plusieurs étages où fleurissent les
boutiques de toute nature.
Un peu plus loin je découvre un marché couvert, dans
le style néo-Baltard. L’ensemble, un peu décalé
par rapport à l’ambiance générale de la
ville, me paraît manquer singulièrement de vie. |
 |
La soirée finira dans un restaurant typique de la ville,
avec ses inévitables musiciens : notre repas d’adieu.
Retour au début
13 septembre
|
 |
| Toujours le temps maussade. |
 |
 |
Nous repartons pour un dernier tour en ville, mais il faut se rendre
à l’évidence, nous en avons vu l’essentiel.
Quelques nouvelles églises, comme la cathédrale Sveta
Nedelya, le théatre Ivan Vasov, viennent cependant compléter
le panorama. |
| Nous jetons également un coup d’œil
à un vestige de l’époque communiste, |
 |
le monument à l’Armée Rouge, désormais
plus ou moins à l’abandon : |
les skate-boarders ont remplacé les gardes rouges
!
Il est d’un classicisme banal : l’inévitable statue
du soldat serrant la main du travailleur, accompagné de la
paysanne et de son enfant, les yeux tournés avec détermination
vers l’avenir. |
 |
| Nous passons ensuite un bon moment à
trouver un restaurant, la ville offrant apparemment peu d’alternative
entre le déjeuner de luxe et le fast-food. |
Un dernier tour dans les boutiques souterraines ou dans le centre
commercial de la veille et nous regagnons l’hôtel, pour
notre dernier transfert vers l’aéroport.
FIN |
Retour au début
|